D

Le Mud Day est en vogue. Nous avons vou­lu sa­voir ce que viennent cher­cher les par­ti­ci­pants ce week-end à Beynes (Yve­lines).

Le Parisien (Paris) - - LE JOURNAL DE PARIS - ÉRIC MI­CHEL

ans le Mud Day, il n’y a pas trom­pe­rie sur la mar­chan­dise. Lit­té­ra­le­ment, The Mud Day si­gni­fie le Jour de la boue, et c’est bien ça le prin­cipe. Cette dis­ci­pline ap­pa­rue en 2013 part d’une idée sor­tie tout droit des pre­mières scènes du film « Full Me­tal Ja­cket ». Vous vous souvenez des sol­dats de Stan­ley Ku­brick qui en ba­vaient dans leur camp de ma­rines en fran­chis­sant des murs en bois, des champs de fils bar­be­lés sous la pluie ? C’est ça, le Mud Day : une course pa­ra­mi­li­taire, le sa­disme du­ser­gen­tins­truc­teu­ren­moins.

La règle du jeu est simple : un parcours de 13 km, avec 22 obs­tacles mi­li­taires à fran­chir : mur de cordes à pas­ser à la force des bras, obs­tacles ram­pants sous des bar­be­lés ou des tuyaux et même, pour fi­nir, un champ de fils élec­triques. « C’est l’obs­tacle, le tout der­nier juste avant l’ar­ri­vée, qui me fait le plus peur, convient Syl­vain Abri­bat, qui s’élance pour la pre­mière fois. Si on touche, on re­çoit une pe­tite dé­char­ge­du­ty­pe­de­cel­les­des­bar­rières pour les ani­maux. Au­tant les 21 autres, on a le droit de les évi­ter mais ce­lui-là est obli­ga­toire. C’est un sa­cré dé­fi. » A la fin, « les Mud Guys » qui fi­nissent re­çoivent, pour tout tro­phée, une mé­daille co­pie conforme des plaques mi­li­taires.

Evi­dem­ment, le course se fait les pieds dans une boue froide et col­lante. A la fin, on ne voit plus que les yeux des par­ti­ci­pants der­rière un masque de ga­doue im­pres­sion­nant. « Si j’ai un conseil à don­ner, pré­vient Emi­lie Bon­net, qui était dé­jà au dé­part l’an­née der­nière en­ceinte de quelques se­maines, c'est de pré­voir des vê­te­ments qu’on n’a plus en­vie de por­ter par la suite. Après la course, ils sont ir­ré­cu­pé­rables. Il faut aus­si évi­ter les tee-shirts en co­ton : avec la boue, ça colle. On prend vite froid et c’est désa­gréable. »

Pour quelques-uns, le Mud Day est une com­pé­ti­tion. Les meilleurs vont mettre une pe­tite heure à s’amu­ser sur les obs­tacles. La ma­jo­ri­té, en in­di­vi­duel ou en re­lais, met­tra pas loin de trois heures à en fi­nir.

Le Jour de la boue est au­tant un dé­fi pour soi qu’un chal­lenge entre potes ou col­lègues de tra­vail. « C’est mon cas, com­plète le consul­tant Syl­vain Abri­bat. Avec mon en­tre­prise, on a mon­té une équipe. Un dé­fi pa­reil, c’est idéal pour for­ger des liens. On de­vra s’en­trai­der, at­tendre ceux en dif­fi­cul­té et à la fin, quoi qu’il ar­rive, on boi­ra une bonne bière. »

« At­ten­tion, en­chaîne Emi­lie Bon­net, c’est quand même su­per dur. L’al­lure est libre : entre chaque obs­tacle, on peut cou­rir ou mar­cher mais il faut quand même les faire ces 13 km. Le len­de­main, on sent bien les cour­ba­tures, je vous l’as­sure. »

S’il­ne­de­man­de­pas­de­pré­pa­ra­tion phy­sique spé­ci­fique comme le ma­ra­thon, l’exer­cice né­ces­site tout de même une bonne condi­tion phy­sique. « L’avan­tage de la boue, es­time le no­vice Syl­vain Abri­bat, est qu’elle va ni­ve­ler les va­leurs. On ver­ra peut-être moins ceux qui vont plus vite. Du moins, je l’es­père… »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.