Une dé­ci­sion qui passe mal dans son fief

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - NOL­WENN­COS­SON À YERRES (ESSONNE)

Dja­mi­la re­pose la ques­tion : « Il a ap­pe­lé à vo­ter Ma­rine Le Pen ? Je suis aba­sour­die. » Dans les rues de Yerres (Essonne), dont Ni­co­las Du­pont-Ai­gnan est maire de­puis 1995 et député de­puis 1997, cette annonce, faite hier soir sur France 2, en a sur­pris plus d’un. « Je pen­sais qu’il fe­rait comme Jean-Luc Mé­len­chon et qu’il ne di­rait rien », avoue la qua­dra­gé­naire qui a glis­sé un bul­le­tin au nom du sou­ve­rai­niste lors du pre­mier tour de la pré­si­den­tielle. Ce sou­tien pour­rait-il in­fluen- cer son vote au se­cond tour ? « Je ne sais pas en­core, mais j’at­ten­dais sa dé­ci­sion avec im­pa­tience », re­con­naît-elle.

Chez ses par­ti­sans aus­si, la dé­ci­sion de Du­pont-Ai­gnan étonne. Pierre, 25 ans, a sou­te­nu ac­ti­ve­ment sa cam­pagne élec­to­rale. Au­jourd’hui, il confie avoir « du mal à en­cais­ser ». Cer­tains craignent dé­jà la mau­vaise image que ce sou­tien po­li­tique pour­rait ren­voyer sur la com­mune. « Pour moi, il ne dé­fen­dait pas les mêmes va­leurs que le FN, re­grette Léon. Il n’a pas non plus les mêmes cas­se­roles. C’est vrai­ment dé­so­lant qu’il n’ait pas choi­si Em­ma­nuel Ma­cron. »

Eli­sa­beth et Bernard s’ap­prê­taient à dî­ner au res­tau­rant avec des amis quand la nou­velle est tom­bée of­fi­ciel­le­ment. « C’est une grave er­reur de sa part, il ne se­ra pas réélu dans sa com­mune, s’em­porte cet ha­bi­tant de Yerres de­puis 1972. Il n’au­rait pas dû don­ner de consigne de vote. » Le couple est d’au­tant plus dé­çu qu’il ap­pré­cie le tra­vail de Du­pont-Ai­gnan en tant que maire. « Cela risque de for­te­ment mo­di­fier les ré­sul­tats pour les législatives, Ce choix est loin de plaire à tout le monde », as­sure sa conjointe.

A quelques pas de là, Alain, 68 ans, et Catherine, 63 ans, at­tendent sur un banc que le ci­né­ma ouvre. A l’évo­ca­tion du nom de NDA, ils sou­rient. « C’est de sa faute si Fran­çois Fillon (LR) n’est pas au se­cond tour, il n’au­rait ja­mais dû se pré­sen­ter », es­time le re­trai­té. « Au fi­nal, nous ne sommes pas si sur­pris que cela, il n’a ja­mais ca­ché qu’il était de droite, voire par­fois d’ex­trême droite, pour­suit Catherine. Avec ce choix as­su­mé, il va cer­tai­ne­ment se faire des en­ne­mis ici. » Le couple ima­gine qu’avec cette al­liance Du­pont-Ai­gnan a une idée bien pré­cise en tête. « Il a pour am­bi­tion d’en­trer au gou­ver­ne­ment », as­sure Alain.

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