L’été­se­ra­chau­det­sec

Ne vous fiez pas au week-end mi­ti­gé qui s’annonce. Le mois d’avril 2017 a été le plus sec de­puis 1959 et les condi­tions sont réunies pour que cela se pro­longe dans les mois qui viennent.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - CORALIEGARANDEAU

ré­jouis­sez pas de la pers­pec­tive d’un di­manche et lundi plu­vieux pour ce pont du 1er mai ? Sa­chez que, pour les agri­cul­teurs, c’est une ex­cel­lente nou­velle ! Météo France a dé­cla­ré­hier­ce­moisd’avril­comme étant le plus sec de­puis 1959, « com­pa­rable aux mois d’avril 2011, 1984 et 1982 ». «On a un dé­fi­cit très net de pré­ci­pi­ta­tions sur l’en­semble du ter­ri­toire, qui n’a re­çu qu’en­vi­ron 10 % des pluies par rap­port à d’ha­bi­tude », dé­taille la cli­ma­to­logue Mi­chèle Blan­chard. sur la fa­çade at­lan­tique où les sols étaient dé­jà secs », com­mente-t-elle.

« On at­tend la pluie avec im­pa­tience », confirme Em­ma­nuel Guionnet, de­puis son trac­teur. Cet agriculteur charentais a guet­té tout le mois une « fe­nêtre » de pluie pour se­mer le so­ja, le tour­ne­sol et le maïs qu’il cultive. Il s’est fi­na­le­ment décidé hier, pro­fi­tant de la pers­pec­tive de deux jours hu­mides. « Mais s’il ne pleut pas as­sez, ça ne va pas le­ver, s’in­quiète-t-il. Le pire c’est pour les cé­réales d’hi­ver, le blé, l’orge et le col­za, très consom­ma­trices en eau. »

Chez lui, le ni­veau des cours d ’e a u e s t e n d e s s o u s d e s moyennes, et l’ar­rê­té pré­fec­to­ral de sé­che­resse vient d’être pris. Dé­sor­mais, agri­cul­teurs et par­ti­cu­liers doivent res­treindre leur consom­ma­tion dans quinze dé­par­te­ments. du fait du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. Météo France pré­voit même un scé­na­rio qui risque de pro­lon­ger les condi­tions de la sé­che­resse ac­tuelle pour les mois de mai, juin et juillet. Ces trois pro­chains mois s’an­noncent plu­tôt plus chauds et plus secs, en par­ti­cu­lier sur la moi­tié nord de l’Hexa­gone à l’ex­cep­tion des fron­tières de l’Est.

Le mé­téo­ro­logue Guillaume Sé­chet confirme cette pré­vi­sion. « C’est une ten­dance de fond de­puis juillet 2016, es­time l’ani­ma­teur de Me­teo-pa­ris.com. A moins qu’on ait un été ora­geux qui com­pense ce dé­fi­cit en eau, mais c’est dif­fi­cile à pré­voir. »

Avant de se pro­je­ter dans l’été, mai pour­rait être pla­cé sous le signe de l’énorme an­ti­cy­clone qui de­vrait s’ins­tal­ler sur l’Eu­rope du Nord dès la moi­tié de la se­maine pro­chaine. « La France de­vrait être plus ou moins sous sa pro­tec­tion », pré­dit-il. LIRE AUS­SI LA MÉTÉO EN

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