Ave­ceux,less­ciences c’est fa­cile

La 4e sai­son de « Ma thèse en 180 se­condes » vient de dé­mar­rer. Ren­contre avec des lau­réats de ce concours qui dé­pous­sière l’image de la re­cherche.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

ta­lent : ex­pli­quer sim­ple­ment son tra­vail sur l’al­lo­dy­nie, une ma­la­die sans trai­te­ment ef­fi­cace, qui pro­voque d’in­tenses dou­leurs. « Pen­dant nos études, on n’est pas du tout pré­pa­ré à ce genre d’exer­cice, confie-t-elle. J’ai été coa­chée par un homme de théâtre et une jour­na­liste. Et puis j’ai beau­coup ré­pé­té… » « On est ha­bi­tué à pré­sen­ter des tra­vaux à l’oral lors de congrès scien­ti­fiques. Mais ja­mais de­vant un pu­blic de non-ini­tiés. Se re­trou­ver de­vant une salle comble, avec un chro­no, des ca­mé­ras, c’est un très bon apprentissage de la gestion du stress », juge Mathieu Buonafine, vainqueur l’an der­nier avec le ré­cit, à la ma­nière d’une en­quête po­li­cière, de sa thèse sur le dé­clen­che­ment des ma­la­dies car­dio­vas­cu­laires.

« Il y a une at­ti­tude râ­leuse qui consiste à dire que ré­su­mer plu­sieurs an­nées de tra­vail en trois mi­nutes est im­pos­sible. Il faut plu­tôt prendre ce concours pour ce qu’il est : un jeu drôle et exigeant qui per­met de faire dé­cou­vrir au grand pu­blic le di­plôme uni­ver­si­taire le plus éle­vé en France », ré­sume le ma­thé­ma­ti- cien Cé­dric Villa­ni, membre du ju­ry en 2015. « Nous vou­lons aus­si mon­trer que la re­cherche est jeune, dy­na­mique et traite de su­jets ac­tuels », ajoute Emi­lie Smon­dack, du CNRS, qui co­or­ga­nise, avec la Con­fé­rence des pré­si­dents d’université, ce concours ins­pi­ré du « Th­ree Mi­nute The­sis » des facs aus­tra­liennes.

« Les gens ont sou­vent l’image du cher­cheur gri­son­nant, avec sa blouse blanche, qui fait des trucs qu’on ne com­prend pas », ren­ché­rit Ma­rie-Char­lotte Mo­rin, qui, en 2014, avait fait rire le pu­blic avec son his­toire de trans­for- ma­tion en neu­rones des cel­lules rec­tales de ver ( MT 180 est aus­si l’oc­ca­sion de pas­ser de l’ombre à la lu­mière. « La vi­déo de la fi­nale a été beau­coup vue. Ça a été un point très po­si­tif lors des en­tre­tiens que j’ai passés après ma thèse », té­moigne Noë­mie Mer­met-Jo­ret, au­jourd’hui post-doc­to­rante au Da­ne­mark. « La ca­pa­ci­té à être clair, concis, struc­tu­ré est très ap­pré­ciée », abonde Mathieu Buonafine, qui a écu­mé les té­lés et les ra­dios après sa consé­cra­tion en juin. Mais sa plus grande vic­toire est ailleurs : « Mes amis ont en­fin com­pris ce que je fais ! »

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