«Ma­da­meTur­quin ne­dit­pas­tout»

Le pro­cu­reur de Pointe-à-Pitre s’est ex­pri­mé après l’in­car­cé­ra­tion de Na­dine Tur­quin pour l’as­sas­si­nat de son ma­ri, Jean-Louis Tur­quin.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - TIMOTHÉEBOUTRY

de 1997 à 2006,el­lea­par­cou­ru­les­pri­sons pour rendre vi­site à son ma­ri. Mais de­puis la nuit de ven­dre­di à samedi, Na­dine Tur­quin est de l’autre cô­té des bar­reaux. L’ex­pro­fes­seur de danse a été pla­cée en dé­ten­tion pro­vi­soire après sa mise en exa­men pour l’as­sas­si­nat de son époux Jean-Louis, abat­tu d’une balle dans le dos dans la nuit du 6 au 7 jan­vier à leur do­mi­cile de l’île de SaintMar­tin (Gua­de­loupe). Mal­gré les in­dices col­lec­tés par les gen­darmes — no­tam­ment la dé­cou­verte de ré­si­dus de tirs sur ses mains —, cette mère de trois grands enfants « nie fa­rou­che­ment les faits », in­siste son avo­cat Me Olivier Mo­rice.

« Je suis aba­sour­di, em­braye son fils aî­né, joint hier par té­lé­phone. Je suis cer­tain de l’in­no­cence de ma mère, je n’ai au­cun doute à ce su­jet. Elle est vic­time d’une ma­chi­na­tion et nous nous bat­trons pour le dé­mon­trer. » blique de Pointe-à-Pitre, n’ex­cluant pas « la thèse de plu­sieurs au­teurs».Un­té­moi­gna­ge­fai­sant état de bruit dans la vil­la vers 22 heures, alors que son épouse af­firme avoir dé­cou­vert le corps de son ma­ri à 0 h 30, de­vra être cla­ri­fié. Un ADN masculin inconnu a aussi été dé­cou­vert sur un cou­teau dans la mai­son.

Mais l’en­quête de­vra sur­tout ex­plo­rer les res­sorts de la sin­gu­lière histoire qui liait le couple. Na­dine Tur­quin avait fait la connais­sance de son fu­tur ma­ri en dé­cou­vrant son vi­sage éplo­ré dans un ma­ga­zine en 1997. Le vé­té­ri­naire ni­çois ve­nait d’être condam­né à vingt ans de pri­son pour avoir tué et fait dis­pa­raître son fils de 7 ans en 1991. Après lui avoir ren­du vi­site « tou­chée par son déses­poir », elle avait fi­ni par l’épou­ser et s’ins­tal­ler avec lui à sa sor­tie en 2006.

Quelques jours après la mort de son époux, Na­dine Tur­quin avait ac­cep­té de nous ren­con­trer, al­lant jus­qu’à re­jouer la scène de la dé­cou­verte du corps dans la chambre nup­tiale. Les traits ti­rés, elle avait in­sis­té sur le ca­rac­tère « se­cret » et « au­to­ri­taire » de son ma­ri, se pré­sen­tant vo­lon­tiers comme « sou­mise ». Le couple était d’ailleurs sur le point de di­vor­cer. Quand nous lui avions in­di­qué qu’elle fai­sait né­ces­sai­re­ment par­tie des sus­pects po­ten­tiels, Na­dine Tur­quin avait af­fir­mé qu’elle n’avait « au­cun mo­bile » pour s’en prendre à son époux. « Si mon ma­ri avait eu une ur­gence, je ne se­rais pas sor­tie ce soir-là », ajou­tait-elle.

« Ma mère avait été très mar­quée par le meurtre, as­sure son fils. La re­la­tion n’avait pas évo­lué comme elle le sou­hai­tait mais c’est l’homme qu’elle avait ai­mé pen­dant vingt ans. Et même si Jean-Louis Tur­quin avait un ca­rac­tère spé­cial, j’avais res­pec­té son choix. » Des ex­perts vont se pen­cher sur la per­son­na­li­té com­plexe de Na­dine Tur­quin.

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