A Nice, le PSG peut perdre le cham­pion­nat

Unai Eme­ry n’a pas re­te­nu l’an­cien Ni­çois pour le choc à l’Al­lianz Ri­vie­ra. Entre Ben Ar­fa et Pa­ris, l’histoire semble dé­jà ter­mi­née.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE -

POUR­QUOI A-T-IL DIS­PA­RU ?

Cette mise à l’écart res­semble à celle de septembre, quand Ben Ar­fa avait man­qué quatre ren­contres d’af­fi­lée. A l’époque, son en­traî­neur poin­tait un manque de condi­tion phy­sique.

Sept mois plus tard, le coach es­pa­gnol avance les mêmes rai­sons et dé­ment toute idée de sanc­tion ex­tra­spor­tive liée à la pu­bli­ca­tion d’une vi­déo cri­tique il y a un mois. « Je pense que les joueurs qui sont dans le groupe sont les meilleurs, les mieux pré­pa­rés », a-t-il sim­ple­ment jus­ti­fié hier. « Eme­ry cherche n’im­porte quel ar­gu­ment pour le mettre en tri­bunes », souf­flet-on dans l’en­tou­rage du joueur. Le choix du coach basque vient dans le droit fil d’une an­née 2017 où Ben Ar­fa n’a par­ti­ci­pé qu’à 14 des 25 matchs du PSG pour quatre ti­tu­la­ri­sa­tions et un temps de jeu fa­mé­lique de 457 mi­nutes. Il marque cer­tai­ne­ment la fin de l’aven­ture pa­ri­sienne de l’an­cien Ni­çois. Mis à part une épi­dé­mie dans le ves­tiaire pa­ri­sien, on ne voit plus vrai­ment dans quelles condi­tions Ben Ar­fa pour­rait de nou­veau por­ter le maillot pa­ri­sien. Comme pour Kry­cho­wiak, qui n’ap­pa­raît plus non plus sur les feuilles de match de­puis des se­maines, le message est lim­pide et la porte grand ou­verte. L’ave­nir d’Ha­tem Ben Ar­fa s’écrit dé­jà loin de la ca­pi­tale où la ten­dance est au main­tien d’Unai Eme­ry qui bloque de fac­to tout es­poir de chan­ge­ment de sta­tut.

OÙ PEUT-IL AL­LER ?

Ar­ri­vé libre de Nice, le mi­lieu in­ter­na­tio­nal a tou­ché une prime à la si­gna­ture de 10 M€ et émarge à 500 000 € brut men­suel, soit le neu­vième salaire du club. Des émo­lu­ments qui pa­raissent très dif­fi­ciles à re­trou­ver en Eu­rope. Mais pour Ben Ar­fa, qui es­time pou­voir jouer en­core cinq ans, la prio­ri­té se­ra spor­tive. Le n° 21 pa­ri­sien veut ain­si jouer de nou­veau la Ligue des cham­pions et si sa pré­fé­rence va à l’Es­pagne, il reste ou­vert à toute pro­po­si­tion y com­pris en France. Nice s’in­té­resse d’ailleurs de près à la si­tua­tion de son an­cien pro­té­gé qui avait mar­qué 18 buts et dé­li­vré 6 passes dé­ci­sives la sai­son der­nière.

Au­tour du pré­sident JeanPierre Ri­vère, le consen­sus est clair sur l’in­té­rêt spor­tif de re­lan­cer une nou­velle fois l’at­ta­quant de 30 ans qui a gar­dé un ap­par­te­ment et un ex­cellent sou­ve­nir de son sé­jour sur la Côte d’Azur. Le vo­let fi­nan­cier de ce re­tour se­rait en re­vanche peut-être plus com­pli­qué à fi­ce­ler. Lu­cien Favre, de son cô­té, ver­rait d’un bon oeil l’ar­ri­vée de l’an­cien Lyon­nais. « Ben Ar­fa ? Je pour­rais le gé­rer, in­dique avec le sou­rire l’en­traî­neur suisse dans une in­ter­view à Ni

ce-Ma­tin. J’avais par­lé avec lui l’été der­nier. Il était dé­jà en route pour Sé­ville ou Pa­ris. Je ne le fe­rais pas jouer sur un cô­té, ça ne sert à rien. Quand j’ai vu les vi­déos de Nice l’an pas­sé, il était sur toutes les images. Ce n’est pas fa­cile de lui trou­ver une po­si­tion. Il jouait faux avant-centre. A Glad­bach (NDLR : l’an­cien

club al­le­mand de Favre), on avait joué avec deux faux 9. » De là à ima­gi­ner un duo avec Ma­rio Ba­lo­tel­li, les sup­por­teurs ni­çois peuvent se mettre à sa­li­ver…

COM­BIEN PEUT-IL RAP­POR­TER À PA­RIS ?

Il reste un an de contrat à Ha­tem Ben Ar­fa, ce qui écarte d’em­blée toute pos­si­bi­li­té de prêt. Pour un joueur de 30 ans qui est ar­ri­vé libre il y a un an et qui sort d’une sai­son aussi er­ra­tique, Pa­ris ne pour­ra pas es­pé­rer ré­cu­pé­rer plus d’une poi­gnée de mil­lions d’eu­ros.

« A part un club chi­nois, per­sonne ne paie­ra de trans­fert pour le re­cru­ter, es­time même un agent in­fluent. Il peut aussi bien in­té­res­ser des clubs du Golfe et la MLS (cham­pion­nat nord-amé­ri­cain) que des équipes eu­ro­péennes. Mais pas n’im­porte les­quelles. On a vu qu’il était un grand joueur dans des pe­tits clubs. Mais cer­tains peuvent lui faire des pro­po­si­tions fi­nan­cières in­té­res­santes sur deux à trois sai­sons. »

Le temps joue­ra cer­tai­ne­ment en fa­veur de Ben Ar­fa. S’il ne re­çoit pas de pro­po­si­tions in­té­res­santes en dé­but de mer­ca­to, Pa­ris pour­rait concé­der à li­bé­rer un joueur qui n’a ja­mais po­sé le moindre sou­ci dans le ves­tiaire mal­gré une si­tua­tion dé­li­cate. Une fa­çon de sol­der sans éclat une si­tua­tion d’échec.

Stade Mi­chel-d'Or­na­no (Caen), le 5 avril. Le der­nier match d’Ha­tem Ben Ar­fa avec Pa­ris, c’était contre Avranches en Coupe de France avec un dou­blé à la clé. Mais ça n’a pas suf­fi pour convaincre Eme­ry.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.