« Nous au­rons une mon­naie na­tio­nale »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR -

On a l’im­pres­sion que vous avez in­flé­chi votre po­si­tion sur l’eu­ro ? Vous dites toujours que la France sor­ti­ra de la zone eu­ro ?

Je n’ai ja­mais dit ce­la. J’ai dit très clai­re­ment que j’al­lais en­ga­ger les né­go­cia­tions avec l’Union eu­ro­péenne sur quatre éléments es­sen­tiels pour ga­ran­tir notre sou­ve­rai­ne­té : son ter­ri­toire, sa loi, son éco­no­mie et sa mon­naie. Je vais me­ner ces né­go­cia­tions avec nos par­te­naires eu­ro­péens, parce que je sais que beau­coup par­tagent ce sou­hait de voir re­ve­nir au sein de leurs na­tions res­pec­tives ces éléments de sou­ve­rai­ne­té. Et je confie­rai aux Fran­çais le soin de dé­ci­der de l’is­sue de ces né­go­cia­tions.

Con­crè­te­ment, il y au­ra quoi par rap­port à l’eu­ro ?

Je vais de­man­der de pou­voir maî­tri­ser notre mon­naie. Ce­la veut dire trans­for­mer l’eu­ro mon­naie unique en un eu­ro mon­naie com­mune. Mon­naie qui ne concer­ne­ra pas les achats quo­ti­diens mais uni­que­ment les grandes en­tre­prises qui font du com­merce in­ter­na­tio­nal. On re­vient au franc ? Nous au­rons une mon­naie na­tio­nale comme tous les autres pays et nous au­rons en­semble une mon­naie com­mune. Voi­là, c’est aussi simple que ça. Il faut maî­tri­ser la mon­naie et l’adap­ter à l’éco­no­mie parce qu’au­jourd’hui la mon­naie unique est un boulet. Elle est en grande par­tie res­pon­sable du chô­mage de masse. Au même titre que l’in­ter­dic­tion de mettre en oeuvre le pa­trio­tisme économique et un pro­tec­tion­nisme in­tel­li­gent. Ce sont les deux éléments qui ont créé le chô­mage de masse. Un chô­mage qui conti­nue à grim­per en flèche, ce qui dé­montre que nous ne sommes qu’au dé­but, hé­las, de ce fléau.

En 2012, François Hol­lande n’a pas réus­si à convaincre ses par­te­naires. Pour­quoi vous, sur une né­go­cia­tion aux en­jeux beau­coup plus im­por­tants, y ar­ri­ve­riez ? Quelle est votre arme ?

Le ré­fé­ren­dum. L’Union eu­ro­péenne s’est four­voyée dans une vi­sion ra­di­cale où elle a dé­ci­dé de ne pas te­nir compte de l’avis des peuples et de mettre en oeuvre l’Eu­rope à la schlague. L’Eu­rope de la sanc­tion, l’Eu­rope du chan- tage. Ce n’est plus ad­mis par notre peuple. Il y au­ra donc, der­rière cette né­go­cia­tion, le peuple fran­çais. Et, après le Brexit, l’Union eu­ro­péenne va se dire qu’elle a tout in­té­rêt à né­go­cier pour évi­ter qu’un pays sup­plé­men­taire prenne la dé­ci­sion de cla­quer la porte. Moi, je pense que l’eu­ro est mort. Est-ce qu’on at­tend le chaos, la pa­nique fi­nan­cière ? Ou est-ce qu’on se concerte tran­quille­ment entre nous ?

Si les Fran­çais ré­pondent non au ré­fé­ren­dum, que faites-vous ?

S’ils votent non, je consi­dé­re­rai que je ne suis pas en ca­pa­ci­té de res­ter en si­tua­tion.

Se­lon les éco­no­mistes, votre pro­gramme au­rait pour consé­quence une forte in­fla­tion…

C’est le chô­mage de masse qui fait bais­ser le pou­voir d’achat. Si les prix aug­mentent de 0,25 %, c’est ri­di­cule par rap­port aux cen­taines de mil­liers d’em­plois que mon pro­gramme va créer. Les pro­tec­tions que je veux mettre en oeuvre sont les seules à même de re­créer de l’em­ploi. Re­gar­dezW­hirl pool: une en­tre­prise qui dé­lo­ca­lise pour pro­duire avec de la main-d’ oeuvre à bas coût et qui en­suite ré­im­porte ses pro­duits. Est-ce qu’on reste les bras bal­lants par rap­port à ça com­meM.Macron ?

Il a fait la même pro­messe que vous. A sa­voir la re­cherche d’un re­pre­neur…

M. Macron n’a pas du tout le même pro­jet que moi. Il a ce­lui de M. Hol­lande. Son pro­jet, c’est la concur­rence to­tale. Il est pour une éco­no­mie fi­nan­cia­ri­sée, sans fixer au­cune li­mite à la mon­dia­li­sa­tion sau­vage. C’est la loi du plus fort. Les forts gagnent et les faibles meurent. Pour lui, il y a énor­mé­ment de gens dans le camp des faibles et très peu dans ce­lui des forts. Les places à la Ro­tonde sont chères.

AU­JOURD’HUI, LA MON­NAIE UNIQUE EST UN BOULET

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