« Mon père fait ce qu’il veut, ça ne me re­garde plus »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR -

Ob­jec­ti­ve­ment, Jean-Luc Mé­len­chon vous rend service?

Pour­quoi ? Parce qu’il casse les codes de ce pseu­do-front ré­pu­bli­cain que vous ap­pe­lez de vos voeux? Parce qu’il re­fuse de ren­trer dans le trou­peau de mou­tons sur ordre des ban­quiers ? Je le trouve plus res­pec­tueux de son élec­to­rat que M. Fillon dont le com­por­te­ment a été ce­lui d’une très vio­lente tra­hi­son de ses élec­teurs. A 20h 2, ils ont en­ten­du leur chef leur de­man­der, après leur avoir dit pen­dant des mois qu’il ne fal­lait sur­tout pas faire élire Emmanuel Hol­lande, d’al­ler tous vo­ter pour lui !

Les Ré­pu­bli­cains le paie­ront aux lé­gis­la­tives?

Il y a une rup­ture pro­fonde entre une grande par­tie de l’élec­to­rat des Ré­pu­bli­cains et leur chef. Quand on voit l’in­di­gni­té avec la­quelle un cer­tain nombre de di­ri­geants vont se pros­ter­ner de­vant M. Macron dans l’es­poir d’ob­te­nir tel ou tel mi­nis­tère…

De­main, le 1er Mai, vous ne crai­gnez pas que votre père vous gâche la fête ?

Mon père a été ex­clu du Front national. Il fait ce qu’il veut. Ça ne me re­garde plus.

Mais n’est-ce pas une gêne à chaque fois d’avoir ses sor­ties, comme à pro­pos de l’ hom­mage au po­li­cier Xa­vier Ju­ge­lé, qu’il a qua­li­fié «d’hom­mage à l’ho­mo­sexuel »?

Ces pro­pos sont odieux. Vous lui en avez par­lé? Non. Je ne lui parle pas. Je n’en­tre­tiens plus de re­la­tion avec lui, je ne suis pas res­pon­sable de ses dé­ra­pages, de ses pro­pos in­ad­mis­sibles. C’est clair !

François Fillon a été plom­bé par les af­faires. Vous aussi êtes confron­tée à des en­quêtes sur des soup­çons d’em­plois fic­tifs au Par­le­ment européen, ou sur le fi­nan­ce­ment de votre par­ti. Ce­la va pe­ser sur votre can­di­da­ture?

Non. Je sais que nos com­pa­triotes at­tendent des dé­bats de fond, pro­jet contre pro­jet. Il en va de l’ave­nir de notre pays. Les Fran­çais ont en outre très bien com­pris le ca­rac­tère ar­ti­fi­ciel de cette agi­ta­tion ju­di­ciaire su­bite sur des pseu­do-af­faires sans conte­nu et vieilles de plu­sieurs an­nées.

Vous pen­sez que vous pou­vez battre Emmanuel Macron?

Oui. Et je crois que lui-même le pense, à voir la fé­bri­li­té et l’agres­si­vi­té qui se sont sai­sies de lui et de ses amis du show-biz de­puis quelques jours.

PAS” JE NE LUI PARLE

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