« Les vic­toires an­non­cées, c’est un peu moins ri­go­lo… »

Un cadre de la Ré­pu­blique en marche

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAU­LINE THÉVENIAUD

une ex­cla­ma­tion de joie, hier à 20 heures, au QG de la Ré­pu­blique en marche (LREM). Mais rien d’ex­pan­sif. La cla­meur fut même un peu hé­si­tante. Certes, LREM ob­tient la ma­jo­ri­té ab­so­lue. Mais, la vague n’est pas le tsu­na­mi an­non­cé la se­maine der­nière. « Les pro­jec­tions de­ve­naient aus­si un peu éton­nantes. A un mo­ment, on avait l’im­pres­sion qu’il n’y au­rait plus un dé­pu­té de l’op­po­si­tion », re­la­ti­vise Syl­vain Maillard, élu dé­pu­té à Pa­ris dès le pre­mier tour.

Quelques sa­la­riés et mi­li­tants gri­gnotent sa­ge­ment les pe­tits fours du buf­fet. « Les vic­toires an­non­cées, c’est un peu moins ri­go­lo », sou­rit un cadre, tout en rap­pe­lant le mot d’ordre : l’ob­jec­tif est at­teint. « On a fait l’es­sen­tiel. On a la ma­jo­ri­té ab­so­lue. Et sans le MoDem, au cas où il ar­rive quelque chose », dé­ve­lop­pet-on. Ca­the­rine Bar­ba­roux, pré­si­dente par in­té­rim de la Ré­pu­blique en marche, le re­con­naît tou­te­fois: ce se­cond tour est mar­qué par une « moindre mo­bi­li­sa­tion » en fa­veur des can­di­dats ma­cro­nistes.

Sur­tout, l’abs­ten­tion plane une nou­velle fois sur le scru­tin dans des pro­por­tions in­édites. « C’est un vrai pro­blème dé­mo­cra­tique », sou­pire Ka­rim, un mi­li­tant. De quoi af­fai­blir la nou­velle ma­jo­ri­té ? « Ce­la n’en­tame pas la force, ce­la ac­croît les res­pon­sa­bi­li­tés », juge Oli­via Gré­goire, élue hier à Pa­ris.

« En pleine trans­for­ma­tion », LREM planche dé­jà sur la fa­çon d’en­tre­te­nir un lien avec les ci­toyens et la so­cié­té ci­vile. Les nou­veaux dé­pu­tés sont eux aus­si in­vi­tés à la « proxi­mi­té avec le ter­rain ». Le week-end pro­chain, une par­tie du sé­mi­naire or­ga­ni­sé par le par­ti à l’As­sem­blée por­te­ra sur le rôle des dé­pu­tés, dont le mou­ve­ment es­time qu’ils de­vront aus­si avoir une fonc­tion de « vi­gies par rap­port au gou­ver­ne­ment et d’en­ri­chis­se­ment grâce aux re­mon­tées ter­rain ».

Reste à sa­voir si des tê­te­so se­ront dé­pas­ser… Un fi­dèle dup ré­sident de la Ré­pu­blique le dit sans fard : « Je ne crois pas à une ma­jo­ri­té tur­bu­lente. Les dé­pu­tés, ils n’ont pas été élus parce qu’ils sont bons. Ils ont été élus parce qu’il y a Em­ma­nuel Ma- cron. » Le même es­time que les troupes au­ront « in­té­rêt à suivre le chef » si elles veulent être ré­élues. « Les dé­pu­tés go­dillot, je n’y crois pas, tem­père un res­pon­sable LREM. Il y a des gens de ca­rac­tère, des ego, qui ont des ex­pé­riences dans le pri­vé, l’as­so­cia­tif… » « LUCIDITÉ, RES­PON­SA­BI­LI­TÉ ET HU­MI­LI­TÉ » Tous se sont en­ga­gés sur l’hon­neur à vo­ter les textes re­la­tifs aux six chan­tiers prio­ri­taires, énon­cés par Em­ma­nuel Ma­cron pen­dant la cam­pagne. « Nous au­rons un droit d’amen­de­ments, d’amé­na­ge­ment, mais pas de fronde », ré­sume Syl­vain Maillard, en as­su­rant que « des sen­si­bi­li­tés dif­fé­rentes s’ex­pri­me­ront ».

Pour l’heure, les nou­veaux élus se rangent der­rière une ban­nière com­mune : « Au tra­vail ! » Il faut dire que le trip­tyque de Ca­the­rine Bar­ba­roux, « lucidité, res­pon­sa­bi­li­té et hu­mi­li­té », n’ap­pe­lait pas à la fan­fa­ron­nade. « Il nous faut des ré­sul­tats », avance Syl­vain Maillard. Un cadre du par­ti en fré­mit : « Hol­lande, en 2012, il avait tout. On a vu comment ça s’est fi­ni… »

Pa­ris (XVe), hier. Au QG de la Ré­pu­blique en marche, les jeunes mi­li­tants ap­plau­dissent la large vic­toire.

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