48 heures de pa­gaille pour une panne mys­tère

SNCF Deux jours après la panne géante de sa­me­di, les voya­geurs qui tran­sitent par la gare Mont­par­nasse ont dû en­core prendre leur mal en pa­tience.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR RÉ­MI BALDY

LA PA­GAILLE CONTI­NUE. Après un di­manche noir, le tra­fic a par­tiel­le­ment re­pris hier à la gare Mont­par­nasse (Pa­ris XVe). Pas de quoi évi­ter à tous les voya­geurs une nou­velle jour­née de galère. Vincent, Alexan­dra et leur fils Louis viennent tout juste d’ap­prendre le blo­cage du tra­fic fer­ro­viaire. « On re­vient de trois se­maines à la Réunion, on a at­ter­ri à 7 h 30 à Or­ly pour prendre un train di­rec­tion Nantes (Loire-At­lan­ti

que) à 12 h 23 », ra­conte ce père de 45 ans.

La fa­mille igno­rait la panne qui af­fecte de­puis sa­me­di soir la troi­sième gare pa­ri­sienne en termes de fré­quen­ta­tion. « On en ap­prend plus sur les ré­seaux so­ciaux que grâce à la SNCF », grince Vincent. Comme beau­coup de voya­geurs, Vincent et Alexan­dra dé­plorent la mau­vaise com­mu­ni­ca­tion de la SNCF.

Pour illus­trer leur pro­pos, Vincent montre un SMS re­çu di­manche à 17 h 22 lui confir­mant son train. « On n’en­tend pas les an­nonces sur les quais, il n’y a que trois pauvres Gi­lets rouges pour nous ren­sei­gner, et, de toute ma­nière, on nous a dit de re­gar­der les pan­neaux mais de ne pas leur faire confiance », s’agacent-ils.

TRA­FIC IN­TER­ROM­PU LA NUIT DER­NIÈRE

En tant que pro­fes­seur des écoles, Alexan­dra est en­core en va­cances au­jourd’hui. Mais pas Vincent. « Je suis at­ten­du à 8 heures mar­di », dit ce res­pon­sable in­for­ma­tique. « On est coin­cés à Pa­ris tant que les trains ne re­dé­marrent pas », s’in­quiète-t-il avant de dé­cla­rer, très dé­ci­dé : « Si on doit dor­mir ici, ren­trer en taxi, j’en­ver­rais la note à la SNCF. » Un train pour Nantes est fi­na­le­ment par­ti en mi­lieu d’après­mi­di. « Il était bon­dé et nous avons fait le tra­jet de­bout, mais au moins nous sommes bien ar­ri­vés », sou­pire Vincent.

Pour Fi­lipe, Ri­ta et leurs filles Kim et Kris, le dé­but des va­cances s’an­nonce mal. La fa­mille vient du Luxem­bourg et se rend à Coim­bra, au Por­tu­gal. « On est ar­ri­vés à 10 h 30 à la gare de l’Est (Pa­ris Xe) et on de­vait prendre le train pour Hen­daye (Py­ré­nées-At­lan­tiques) à 12 h 52 », ex­plique Fi­lipe. Sa femme, Ri­ta, s’étonne : « En ve­nant, le contrô­leur nous a dit que notre train était main­te­nu. » Une fois sur les quais de Mont­par­nasse, le train n’est pas in­di­qué. Mais le mo­ral est au beau fixe.

« On est en­semble, c’est le plus im­por­tant. Heu­reu­se­ment que nous n’étions pas là di­manche, c’était les 9 ans de Kris », sou­ligne la se­cré­taire mé­di­cale de 44 ans. « Chez nous aus­si, c’est sou­vent le ba­zar », as­sure, avec un large sou­rire, Fi­lipe, chauf­feur de bus pour la So­cié­té na­tio­nale des che­mins de fer luxem­bour­geois.

Pour réus­sir à avoir ses cor­res­pon­dances, la fa­mille de­vait par­tir de Pa­ris dans les deux heures. « Si on est coin­cés, on rentre chez nous », pré­voit le couple qui s’in­quiète des rem­bour­se­ments pour les cor­res­pon­dances en Es­pagne et au Por­tu­gal. Au­cun agent ne leur a in­di­qué que les trains en di­rec­tion du Sud-Ouest étaient dé­tour­nés à la gare d’Aus­ter­litz. Ils l’ap­prennent de notre bouche. C’est là-bas, fi­na­le­ment, qu’ils pren­dront leur train.

La SNCF a trans­fé­ré cer­tains trains ini­tia­le­ment au dé­part de Mont­par­nasse à la gare d’Aus­ter­litz et à celle de Mas­sy (Es­sonne) afin d’at­teindre son ob­jec­tif d’as­su­rer la cir­cu­la­tion de 3 TGV sur 4.

Quant à une re­prise nor­male du tra­fic, elle dé­pen­dra des re­cherches me­nées dans la nuit. Car, pour trou­ver l’ori­gine de la panne et ins­pec­ter les câbles le long des voies, le tra­fic fer­ro­viaire doit être in­ter­rom­pu. Ce­la a été le cas à Mont­par­nasse la nuit der­nière.

Pa­ris (XVe), hier. A la gare Mont­par­nasse, les agents en gilet rouge étaient as­saillis par les voya­geurs en quête d’in­for­ma­tions.

Gare Mont­par­nasse (Pa­ris XVe), hier. Alexan­dra, Vincent et leur fils Louis , tout juste dé­bar­qués d’un avion à Or­ly (à g.), et Fi­lipe, Ri­ta, Kim et Kris ve­nus du Luxem­bourg pour al­ler au Por­tu­gal, gardent le sou­rire mal­gré la longue at­tente pour at­tra­per un train.

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