« Une belle aven­ture qui com­mence »

Jean-Fran­çois La­mour, an­cien mi­nistre des Sports et an­cien cham­pion olym­pique

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR BER­TRAND MÉ­TAYER

L’ÉCHEC DE 2012 A PU SER­VIR DE BASE À CETTE CAN­DI­DA­TURE” TRÈS BELLE

DOUBLE cham­pion olym­pique de sabre en 1984 et 1988, Jean-Fran­çois La­mour était mi­nistre des Sports en 2005 lorsque Londres avait été pré­fé­ré à Pa­ris pour l’or­ga­ni­sa­tion des JO de 2012. Le conseiller de Pa­ris se ré­jouit de la te­nue des Jeux dans la ca­pi­tale dans sept ans.

Que re­pré­sente pour vous cette qua­si-at­tri­bu­tion des JO à Pa­ris ?

JEAN-FRAN­ÇOIS LA­MOUR. En tant que cham­pion olym­pique, vivre les Jeux dans mon pays est quelque chose de fan­tas­tique. En tant que po­li­tique, c’est une grande res­pon­sa­bi­li­té de li­vrer des beaux Jeux. Mais là-des­sus, je ne suis pas in­quiet, on sait le faire. Il fau­dra que ce soit dans les meilleures condi­tions, no­tam­ment au ni­veau des coûts. Ce sont sept an­nées qui s’an­noncent pas­sion­nantes. Il fau­dra être prêt le jour J, c’est un en­jeu ma­jeur. Ce­la doit aus­si être une fête et une op­por­tu­ni­té pour le dé­ve­lop­pe­ment de la pra­tique du sport, que ce soit au haut ni­veau ou pour le plus grand nombre.

Est-ce que ce­la va chan­ger le vi­sage de Pa­ris et de la ré­gion ?

Les deux exemples à suivre sont Barcelone et Londres qui ont per­mis de chan­ger ra­di­ca­le­ment le front de mer pour l’une et un quar­tier déshé­ri­té pour l’autre. Ce­la a été fait très ra­pi­de­ment, et c’est une grande réus­site. Barcelone avant et après les JO, c’est le jour et la nuit et la ville en pro­fite tou­jours. C’est un coup d’ac­cé­lé­ra­teur in­com­pa­rable en ma­tière de trans­ports et d’ur­ba­nisme. Bien que l’on n’ait pas ob­te­nu les JO de 2012, on voit d’ailleurs que l’on construit tou­jours dans le quar­tier des Ba­ti­gnolles qui de­vait ac­cueillir le vil­lage olym­pique. Au lieu de sept ans, ce­la au­ra pris douze ou quinze ans.

Vous étiez mi­nistre des Sports lors du choix de Londres au dé­tri­ment de Pa­ris en 2005. Est-ce qu’il y a un sen­ti­ment de re­vanche ?

J’ai une pen­sée pour ceux qui ont tra­vaillé de­puis la pre­mière can­di­da­ture pour les Jeux de 1992 puis ceux de 2008 et 2012. Il y a eu beau­coup d’ef­forts dé­ployés, des er­reurs et des en­sei­gne­ments qui en ont été ti­rés. L’échec de 2012 a pu ser­vir de base à cette très belle can­di­da­ture me­née par To­ny Es­tan­guet et Ber­nard La­pas­set. Au­jourd’hui, c’est une très belle aven­ture qui com­mence.

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