« Les règles du jeu ont chan­gé »

qui ne trouve pas de place en mas­ter 2

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - T.L.

TI­FA­NY ZARRIA a hé­si­té avant de ra­con­ter son his­toire. « Je veux pré­ser­ver mes chances de pour­suivre un par­cours uni­ver­si­taire, mais j’ai aus­si en­vie de pro­tes­ter », pose d’em­blée cette étu­diante de 25 ans. Elle su­bit un autre tra­vers de la ré­forme des mas­ters. Sa fi­lière de psy­cho­pa­tho­lo­gie cli­nique, qu’elle suit à Nan­terre (Hauts-de-Seine), n’est pas concer­née. Elle ne le se­ra que l’an pro­chain. Et c’est là que le bât blesse.

Elle vient de ter­mi­ner sa pre­mière an­née de mas­ter et peine à s’ins­crire en se­conde car, pour l’ins­tant, c’est entre ces deux an­nées que s’ef­fec­tue la sé­lec­tion. Elle a pos­tu­lé à Nan­terre, à Di­de­rot (Pa­ris) ou en­core Amiens (Somme). Mais les re­fus pleuvent, par­fois mo­ti­vés d’un la­co­nique « di­vers », comme à Ville­ta­neuse (Seine-Saint-De­nis).

Cette ha­bi­tante de Per­san (Val-d’Oise) re­con­naît qu’une sé­lec­tion est né­ces­saire car le nombre d’em­plois à la sor­tie de sa for­ma­tion est li­mi­té. Mais elle la juge « in­juste » en l’état, car les étu­diants ne connaissent pas les cri­tères. « Moi, je veux vrai­ment de­ve­nir psy. Sur quoi se basent-ils pour dé­ci­der ? » in­ter­roge-t-elle. BLO­QUÉE PAR LA RÉ­FORME Et ce qui la déses­père le plus, c’est qu’elle ne pour­ra pas can­di­da­ter de nou­veau l’an­née pro­chaine. Car, une fois la ré­forme en place dans cette fi­lière, ce se­ra entre la li­cence 3 et le mas­ter 1 que s’ef­fec­tue­ra la sé­lec­tion. Im­pos­sible donc de re­ten­ter sa chance. Elle est donc blo­quée.

« Les règles du jeu ont chan­gé en cours de route. Nous, c’est pou­belle, et le mi­nis­tère re­part sur de nou­velles bases », re­proche-t-elle, amère face à la si­tua­tion.

Pre­mière dans sa fa­mille ou­vrière à ac­cé­der aux études su­pé­rieures, Ti­fa­ny s’était pour­tant bat­tue pour réus­sir. Au cours de l’an­née, elle a dé­cro­ché une pro­messe de stage, ce qui est « très com­pli­qué » à ob­te­nir mais obli­ga­toire pour in­té­grer un mas­ter 2 : « Je de­vais tra­vailler neuf mois avec des en­fants au­tistes et, en l’état des choses, je ne pour­rai pas », dé­plore-t-elle.

« On se sent seul, per­sonne ne nous vient en aide », re­grette Ti­fa­ny. « S’il le faut, je par­ti­rai à l’étran­ger », conclu­telle. Alors, en at­ten­dant une ré­ponse du mi­nis­tère ou d’une uni­ver­si­té, elle a si­gné sur In­ter­net la pé­ti­tion « Etu­diants en psy­cho : des so­lu­tions pour les ou­bliés de la ré­forme ». Comme près de 1 000 autres per­sonnes.

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