Trump, comme si de rien n’était

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - DENOTRECORRESPONDANTE CHLOÉ COHEN À NE W YORK( ÉTATS-UNIS)

IL EST 18 H 19, lun­di, quand Do­nald Trump dé­cide de par­ta­ger son bon­heur sur son ré­seau so­cial pré­fé­ré. « Une belle jour­née à la Mai­son-Blanche », tweete le pré­sident mil­liar­daire. Pour­tant, quelques heures plus tôt, le Tout-Wa­shing­ton as­siste, in­cré­dule, au li­mo­geage d’un membre de son ad­mi­nis­tra­tion.

Le ma­tin même, le pré­sident s’est dé­bar­ras­sé du sul­fu­reux di­rec­teur de la com­mu­ni­ca­tion, An­tho­ny Sca­ra­muc­ci, nom­mé dix jours plus tôt, vite sur­nom­mé Mi­ni-Moi pour son ap­ti­tude à uti­li­ser le même lan­gage fleu­ri que son boss. Pour les mé­dias, son dé­part ex­press plonge un peu plus la Mai­son-Blanche dans le chaos. Mais pas pour Trump, ra­re­ment ému quand il s’agit de faire val­ser des col­la­bo­ra­teurs dé­ce­vants à ses yeux. « You’re fi­red » (« Vous êtes vi­ré ») n’était-elle pas sa phrase em­blé­ma­tique lors­qu’il ani­mait le­jeu de té­lé réa­li­té«The Ap­pren­tice » ?

IL VANTE SON BI­LAN

Contrai­re­ment aux com­men­taires du Tout-Wa­shing­ton dont il se fiche comme d’une guigne (il avait même bâ­ti sa vic­toire en no­vembre sur ses dia­tribes an­ti­es­ta­blish­ment), le pré­sident es­time que son ad­mi­nis­tra­tion s’en sort plu­tôt bien. Mal­gré une se­maine par­ti­cu­liè­re­ment dé­sas­treuse, il conti­nue à faire son au­to­pro­mo­tion, van­tant son bi­lan à grand renfort de « great » et d’« ama­zing », comme si de rien n’était. « Record de la Bourse, meilleures sta­tis­tiques éco­no­miques de­puis des an­nées, chô­mage au plus bas de­puis dix-sept ans, sa­laires en hausse, fron­tière sé­cu­ri­sée, Cour su­prême. Pas de chaos à la Mai­son-Blanche », at-il écrit sur Twit­ter lun­di.

Il est convain­cu d’avoir trou­vé la mar­tin­gale pour mettre fin aux guerres in­tes­tines au sein de sa garde rap­pro­chée. Et cette pa­rade a un nom : John Kel­ly, gé­né­ral de ma­rine à la retraite, nom­mé ven­dre­di chief of staff pour rem­pla­cer Reince Prie­bus. Il en est per­sua­dé, cet an­cien de l’Irak va mettre tout le monde au pas. Une stra­té­gie d’au­to­per­sua­sion éga­le­ment uti­li­sée par la porte-pa­role de la Mai­sonB­lanche, Sa­rah San­ders, mère de trois en­fants en bas âge. « Si vous vou­lez voir du chaos, ve­nez chez moi, a-t-elle in­vi­té. Il n’y a pas de com­pa­rai­son », s’est-elle amu­sée de­vant les jour­na­listes.

Les Amé­ri­cains s’ha­bi­tue­ron­tils à cet im­pro­bable lea­deur ? « Trump aime le chaos, écrit le jour­na­liste Ti­mo­thy L. O’Brien, au­teur de la Na­tion de Trump. Les pro­chaines se­maines de sa pré­si­dence res­sem­ble­ront aux se­maines pas­sées. […] Donc at­tache ta cein­ture, Amé­rique, parce que le pré­sident ne fait que com­men­cer. »

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