« Je perds une jour­née de va­cances »

Edouard, étu­diant qui prend le bus pour La Ro­chelle

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - NICOLASBERROD

CLAIRE EST EN CO­LÈRE. « Je n’al­lais pas ten­ter à nou­veau de prendre un train, mais j’es­père que la SNCF va me rem­bour­ser ! » ex­plique hier ma­tin l’étu­diante en de­si­gn au mo­ment de mon­ter­dans­le­car­qui­la­mè­ne­ra à Poi­tiers (Vienne). Son TGV vers An­gou­lême, pré­vu à 21 heures mar­di, a été an­nu­lé sans qu’elle soit pré­ve­nue.

« Je l’ai ap­pris par l’ap­pli­ca­tion de la SNCF vers 19 heures, je n’avais pas re­çu de SMS ou de mail avant », s’agace-t-elle. A la gare rou­tière de Pa­ris-porte de Ba­gno­let, son car à des­ti­na­tion de La Ro­chelle est lé­gè­re­ment plus rem­pli que d’ha­bi­tude.

LE COVOITURAGE ? IM­POS­SIBLE AVEC TROP DE BA­GAGES

De­puis di­manche, le trans­por­teur Cla­mart Cars a en­re­gis­tré 10 % de clients en plus sur les destinations de l’Ouest. Edouard, qui se rend à La Ro­chelle, est de ceux-là. Mar­di après-mi­di, lors­qu’il a vou­lu ré­ser­ver un TGV, l’étu­diant en com­merce de 22 ans a consta­té que tous les trains étaient sup­pri­més jus­qu’à mer­cre­di. « Le car coûte le même prix mais le voyage dure sept heures (au lieu de deux heures qua­rante-cinq), si bien que je perds une jour­née de va­cances », dit-il, dé­pi­té.

Mal­gré un temps de tra­jet plus long, les com­pa­gnies de cars es­pèrent fi­dé­li­ser ces clients de der­nière mi­nute. « Nous avons des bus propres et bien équi­pés, nous es­pé­rons bien sûr convaincre ces voya­geurs pour la suite », sou­ligne un porte-pa­role de Cla­mart Cars.

D’autres modes de trans­port al­ter­na­tifs au train es­pèrent aus­si ti­rer par­ti de cette panne à la SNCF. Si Air France as­sure que ses vols vers l’Ouest et le Sud-Ouest étaient dé­jà très sou­vent com­plets en cette pé­riode de va­cances, le site de covoiturage BlaB­laCar re­ven­dique pour lun­di une hausse de 40 % des vi­sites sur les tra­jets vers l’Ouest par rap­port au lun­di précédent. Le covoiturage était d’ailleurs une so­lu­tion en­vi­sa­gée par Edouard avant de se ra­vi­ser : « J’avais trop de va­lises ! »

Le jeune homme ori­gi­naire de Stras­bourg as­sure qu’il « conti­nue­ra à pré­fé­rer le train », no­tam­ment en rai­son de la du­rée de tra­jet. Claire, elle, hé­site : « En fonc­tion de mes destinations fu­tures, du prix et du temps, il se peut que je choi­sisse à l’ave­nir le car plu­tôt que le train. »

Porte de Ba­gno­let (Pa­ris XXe) . Claire s’ap­prête à mon­ter dans le bus, pour re­joindre Poi­tiers. Elle a aban­don­né l’idée de prendre le TGV.

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