A par­tir d’au­jourd’hui, la pla­nète vit à cré­dit

Les as­so­cia­tions de dé­fense de la na­ture ont tou­te­fois des mo­tifs d’es­poir.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

nous­som­me­sau­jour du dé­pas­se­ment ! Non, il ne s’agit pas d’une fête spor­tive... mais d’un mes­sage d’alerte : à par­tir d’au­jourd’hui, la pla­nète vit à cré­dit. « Ce­la si­gni­fie qu’au cours des sept pre­miers mois de l’an­née, les hu­mains ont émis plus de car­bone que ce que les fo­rêts ne pou­vaient ab­sor­ber en un an, qu’ils au­ront pê­ché plus de poissons, cou­pé plus d’arbres, fait plus de ré­coltes ou consom­mé plus d’eau que ce que la Terre a pu pro­duire sur cette même pé­riode », com­mente Ar­naud Gauf­fier, res­pon­sable agriculture et ali­men­ta­tion du WWF France.

Cet in­dice de l’épui­se­ment des res­sources est cal­cu­lé par le Glo­bal Foot­print Net­work, un ins­ti­tut de re­cherches ba­sé en Ca­li­for­nie, qui com­pare l’ex­ploi­ta­tion des res­sources na­tu­relles par l’homme avec la bio­ca­pa­ci­té de la Terre, c’est-à-dire sa ca­pa­ci­té à re­cons­ti­tuer ses ré­serves et à ab­sor­ber les gaz à ef­fet de serre. Le constat est alar­mant : le jour du dé­pas­se­ment était au 21 dé­cembre en 1971 ! « La date ne cesse d’avan­cer, du fait de la sur­con­som­ma­tion des pays dé­ve­lop­pés, ex­plique Ar­naud Gauf­fier. Si tout le monde vi­vait comme un Fran­çais, il nous fau­drait trois Terre. » Ces chiffres sont af­fo­lants et pour­tant, « il y a des rai­sons d’es­pé­rer », es­time-t-il. Car en ob­ser­vant l’in­dice an­née par an­née, on note un ra­len- tis­se­ment : de­puis 2010, on n’a per­du que sept jours.

Un « pe­tit mieux » à at­tri­buer au dé­ve­lop­pe­ment des éner­gies re­nou­ve­lables, qui gé­nèrent dé­sor­mais plus d’éner­gie que les sources tra­di­tion­nelles comme le char­bon.

Nos com­por­te­ments ali­men­taires peuvent in­ver­ser la ten­dance, veulent croire les ex­perts. Signe po­si­tif, en France la consom­ma­tion des pro­duits bio­lo­giques a aug­men­té de 22 % par rap­port à 2016. « L’agri­cul- ture bio uti­lise moins d’en­grais et de pes­ti­cides, fa­bri­qués à par­tir du gaz et du pé­trole », pointe le res­pon­sable du WWF. Autre exemple, l’in­ter­dic­tion des so­jas OGM pour nour­rir les bêtes, concourt éga­le­ment à faire re­cu­ler la dé­fo­res­ta­tion et à éco­no­mi­ser l’eau. « En ré­dui­sant notre consom­ma­tion de viande, qui est de 92 kg par per­sonne et par an, nous pou­vons avoir un im­pact énorme », in­siste Ar­naud Gauf­fier.

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