Cinq mil­lions de li­vrets A fer­més l’an der­nier

La loi oblige les banques à clô­tu­rer les li­vrets A sur les­quels il n’y a plus ni re­trait ni dé­pôt de­puis dix ans. Ré­sul­tat : un grand coup de ba­lai avec plus de 5 mil­lions de ces li­vrets fer­més l’an der­nier.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR BO­RIS CASSEL * Ci­clade.cais­se­des­de­pots.fr.

PAS DE DÉSA­MOUR POUR CE PRO­DUIT MAL­GRÉ UNE RÉMUNÉRATION DE 0,75%

C’EST LE GRAND MÉ­NAGE dans le pla­ce­ment pré­fé­ré des Fran­çais. L’an der­nier, le nombre de li­vrets A a ac­cu­sé une baisse spec­ta­cu­laire : 5,3 mil­lions ont dis­pa­ru de la cir­cu­la­tion en l’es­pace d’un an ! Se­lon les der­niers chiffres de l’Ob­ser­va­toire de l’épargne ré­gle­men­tée, les Fran­çais n’en dé­tiennent plus « que » 55,8 mil­lions. Une baisse d’une am­pleur in­édite. Et ce n’est pas le fruit du ha­sard.

Ayant le mo­no­pole de la dis­tri­bu­tion des li­vrets A jus­qu’en 2009, les grands ré­seaux his­to­riques de dis­tri­bu­tion (comme la Banque pos­tale ou les Caisses d’épargne) ont dû mettre un grand coup de ba­lai dans leurs li­vrets l’an der­nier. Deux lois les y ont pous­sés.

De­puis 2013, ils ont l’obli­ga­tion de faire la chasse aux clients qui bravent l’in­ter­dic­tion de dé­te­nir plu­sieurs li­vrets. Mais sur­tout, de­puis le 1er jan­vier 2016, la loi Eckert oblige les banques à dé­tec­ter les comptes in­ac­tifs, c’est-à-dire ceux qui ne font plus l’ob­jet d’au­cune opé­ra­tion de re­trait ou de dé­pôt.

Con­crè­te­ment, si leur client ne s’est pas ma­ni­fes­té pen­dant dix ans, les banques ont l’obli­ga­tion de fer­mer ses pro­duits et d’en trans­fé­rer les fonds à la Caisse des dé­pôts et consi­gna­tions (CDC) qui les garde à leur dis­po­si­tion pen­dant dix ans. Un site In­ter­net* a même été ou­vert pour leur per­mettre de sa­voir s’ils ont le droit à un pe­tit bout de cette ca­gnotte de 977 M€. Si per­sonne ne se ma­ni­feste, l’ar­gent de­vient en­suite la pro­prié­té de l’Etat.

La plu­part des fer­me­tures de 2016 concer­naient des li­vrets très an­ciens, re­pré­sen­tant sou­vent de pe­tits mon­tants ou­bliés ou per­dus par leurs dé­ten­teurs. « Il s’agit sou­vent de li­vrets ou­bliés par des per­sonnes âgées ou ou­verts il y a très long­temps par de la fa­mille pour des en­fants », confirme Phi­lippe Cre­vel, éco­no­miste au Cercle de l’épargne.

Iro­nie de l’his­toire, mal­gré ce coup de ba­lai, l’an­née n’a pas été mau­vaise pour le li­vret A. Le mon­tant to­tal des dé­pôts n’a bais­sé « que » de 400 M€. Pour­quoi ? Parce que, plu­tôt sa­tis­faits du taux de 0,75 %, les épar­gnants y ont re­mis plus de 4 Mds€ l’an der­nier.

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