Le charme de l’ac­cent fran­çais fait des ra­vages

Se­lon une étude, le charme du « french ac­cent » opère tou­jours au­près des étran­gers. Pour nous, c’est l’ita­lien.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR TANGUYLYONNET

« VOU­LEZ-VOUS COU­CHER avec moi, ce soir », chan­tait, en fran­çais, l’amé­ri­caine Pat­ti LaBelle en 1974. La reine du rock’n’soul a eu du nez en uti­li­sant la langue de Mo­lière pour en­ton­ner sa pro­po­si­tion in­dé­cente, car l’ac­cent fran­çais est « le plus sexy au monde ». C’est le ré­sul­tat d’une étude in­ter­na­tio­nale, me­née par Babbel, une so­cié­té spé­cia­li­sée dans l’ap­pren­tis­sage des langues grâce à ses ap­pli­ca­tions. Is­sus de neuf pays, 15 000 uti­li­sa­teurs ont ré­pon­du à un ques­tion­naire.

LANGUE ET CULTURE, IN­DIS­SO­CIABLE BI­NÔME

Co­co­ri­co ! Le ré­sul­tat est sans ap­pel : l’ac­cent fran­çais l’em­porte haut la main. Le reste du po­dium est com­plé­té par l’ita­lien, qui prend la deuxième place, et l’es­pa­gnol qui s’em­pare de la troi­sième marche. Ce sont les to­na­li­tés po­lo­naises, turques et da­noises qui sont ju­gées « moins sexy ». A l’in­verse, dans l’Hexa­gone, nos oreilles fondent quand Mo­ni­ca Bel­luc­ci s’adresse à Vincent Cassel avec son ac­cent chan­tant. Par­mi les son­dés, 40 % plé­bis­citent les so­no­ri­tés ita­liennes. Le cli­ché du la­tin lo­ver a donc la vie dure. En tout cas, l’Ita­lie fait tou­jours rê­ver, ses res­tau­rants, ses vins, son art de vivre, sa dolce vi­ta… nous plonge dans un uni­vers de sé­duc­tion.

Mais les An­glo-Saxons ont aus­si la cote. Comme un sym- bole du sex-ap­peal amé­ri­cain, le cé­lèbre ac­cent de l’ac­trice Jean Se­berg, ven­deuse du « New York He­rald Tri­bune » à la criée sur les Champs-Ely­sées dans « A bout de souffle » de JeanLuc Go­dard, qui fait fondre Bé­bel, re­cueille tout de même 23 % des suf­frages. Quant à l’es­pa- gnol, il est tout de même men­tion­né par 18 % des per­sonnes in­ter­ro­gées par le son­dage. Le charme du pays d’Al­mo­do­var opère en­core.

Seul bé­mol — et de taille — men­tion­né dans l’étude, 91 % des son­dés re­con­naissent « avoir man­qué quelque chose parce qu’ils ne connais­saient pas la langue lo­cale ». Ain­si, un sur cinq es­time qu’il n’a pas pu prendre les bonnes di­rec­tions pour s’orien­ter. Consé­quence, 92 % d’entre eux avouent que ce­la les a « mo­ti­vés pour ap­prendre cette langue ». Films, chan­sons, sé­ries, tout est bon pour ha­bi­tuer ses oreilles aux bruits du monde. Sans ja­mais perdre notre con­voi­té ac­cent « so fren­chy ». Mais sans en faire trop… au risque de pas­ser pour ce ba­lourd fran­chouillard d’OSS 117.

QUAND UN ÉTRAN­GER EN­TEND LA LANGUE DE MO­LIÈRE, IL IMA­GINE CA­THE­RINE DE­NEUVE, LA GAS­TRO­NO­MIE, LES MO­NU­MENTS…” EMER CORRIGAN, SPÉ­CIA­LISTE DES LANGUES CHEZ BABBEL

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