Mi­chelMer­cier­quand­mê­me­nom­mé auCon­seil­cons­ti­tu­tion­nel

Si le cen­triste a été épin­glé par « le Ca­nard en­chaî­né » pour avoir em­ployé sa fille comme as­sis­tante par­le­men­taire, sa no­mi­na­tion chez les Sages de la Rue de Mont­pen­sier a été va­li­dée par le Sé­nat.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - VALÉRIEHACOT

sont une source de joie… et par­fois une source de sou­cis. » Cette phrase pro­non­cée hier par Mi­chel Mer­cier de­vant la com­mis­sion des Lois du Sé­nat en dit long sur l’état d’es­prit du sé­na­teur cen­triste… Le pour­tant très pu­dique ex-garde des Sceaux a en ef­fet été contraint d’évo­quer sa vie fa­mi­liale de­vant ses pairs qui l’au­di­tion­naient avant de va­li­der sa no­mi­na­tion au Conseil consti­tu­tion­nel. Un exer­cice peu conven­tion­nel dans ce genre de dé­bat.

Oui, mais voi­là, la veille, « le Ca­nard en­chaî­né » a ré­vé­lé que ce proche de Fran­çois Bay­rou avait em­ployé sa fille Del­phine entre août 2012 et sep­tembre 2014 comme as­sis­tante par­le­men­taire à temps par­tiel, moyen­nant2 000€par­mois.Et ce, alors même que cette der­nière était, se­lon l’heb­do­ma­daire sa­ti­rique, do­mi­ci­liée à Londres, au Royaume-Uni, où elle of­fi­ciait comme res­pon­sable des col­lec­tions d’eth­no­gra­phie à la Uni­ver­si­ty Col­lege Lon­don. De quoi je­ter un froid en plein dé­bat sur la loi de mo­ra­li­sa­tion de la vie po­li­tique qui vise pré­ci­sé­ment à in­ter­dire ce genre de pra­tiques…

Sans at­tendre la séance des ques­tions au gou­ver­ne­ment, Mi­chel Mer­cier s’est spon­ta­né­ment ex­pli­qué. « C’est tout à fait exact que j’ai em­ployé une de mes filles d’août 2012 à avril 2014 parce qu’à l’époque je condui­sais des dos­siers d’ordre cultu­rel très dif­fi­ciles », a confir­mé le par­le­men­taire, dont la fille est di­plô­mée de l’Ecole du Louvre. Et de pré­ci­ser qu’à l’époque, elle ha­bi­tait — con­trai­re­ment aux in­for­ma­tions du « Ca­nard » — en France.

« Je suis al­lé vé­ri­fier ce ma­tin. Ce qui a été pu­blié n’a ja­mais été le contrat de tra­vail », af­firme l’an­cien mi­nistre qui « tient à dis­po­si­tion » du pré­sident du Sé­nat « tous les tra­vaux qu’elle a ef­fec­tués » lors de son pas­sage au Pa­lais du Luxem­bourg. Père et fille ont dé­ci­dé mu­tuel­le­ment de rompre leur as­so­cia­tion en avril 2014. « Au­jourd’hui elle est à Londres », ex­plique Mi­chel Mer­cier qui sou­ligne que sa fille a trou­vé du tra­vail.

Des ar­gu­ments qui ont ma­ni- fes­te­ment convain­cu les membres de la com­mis­sion des Lois (dont Mer­cier était membre). 22 sé­na­teurs, sur 29, ont vo­té en f ave u r d e s a n o m i n a t i o n au Conseil consti­tu­tion­nel en rem­pla­ce­ment de Ni­cole Bel­lou­bet, de­ve­nue mi­nistre de la Jus­tice. Il sié­ge­ra avec les Sages de la Rue de Mont­pen­sier jus­qu’en 2022.

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