En Marche ! veut évi­ter une dé­route au Sé­nat

Le par­ti pré­si­den­tiel peine à bou­cler ses listes.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

de fu­mée blanche si­gna­lant le bou­clage des listes de can­di­dats sou­te­nus par la Ré­pu­blique en marche (LREM) pour les sé­na­to­riales du 24 sep­tembre. La com­mis­sion des in­ves­ti­tures, pré­si­dée par Jean-Paul De­le­voye — qui es­pé­rait rendre sa co­pie mar­di der­nier — se heurte à des dif­fi­cul­tés bien plus grandes que pré­vu. Et cer­tains com­mencent à s’im­pa­tien­ter : « On est à sept se­maines de l’élec­tion, il faut ab­so­lu­ment don­ner un coup d’ac­cé­lé­ra­teur », s’in­quiète un cadre ma­cro­nien.

« En Marche ! n’exis­tait pas en 2014, nous n’avons donc pas d’élus lo­caux », ex­plique De­le­voye. Les res­pon­sables du mou- ve­ment ont donc ra­pi­de­ment com­pris qu’ils ne pour­raient pas re­pro­duire au Sé­nat le triomphe ob­te­nu en juin à l’As­sem­blée na­tio­nale. « Là, ce sont les élus qui votent pour dé­si­gner les sé­na­teurs, pas le peuple », sou­ligne-t-on. D’où la théorie de la « mo­saïque » dé­ve­lop­pée par De­le­voye. Pour ten­ter de s’as­su­rer une ma­jo­ri­té des 3/5 sur l’en­semble des deux chambres (né­ces­saire pour faire pas­ser de grosses ré­formes), le par­ti pré­si­den­tiel pré­voit de s’ap­puyer, outre sur le groupe LREM sur des sé­na­teurs « construc­tifs » is­sus des dif­fé­rentes fa­milles exis­tantes : so­cia­listes, MoDem, cen­tristes ou Ré­pu­bli­cains. « Voi­là pour­quoi il est si com­pli­qué de bâ­tir des listes et de dé­si­gner les têtes de liste, ex­plique un membre de la com­mis­sion d’in­ves­ti­ture. Quand vous met­tez quel­qu’un qui est Ré­pu­bli­cain, les Mar­cheurs ne sont pas contents. Et quand vous don­nez la pré­fé­rence à un Mar­cheur, ce sont les par­tis al­liés qui dé­noncent le manque d’ou­ver­ture. »

Pour ne rien ar­ran­ger, la ra­fale de ré­formes in­fluant sur les col­lec­ti­vi­tés lo­cales (pro­jet de sup­pres­sion de la taxe d’ha­bi­ta­tion, baisse des do­ta­tions, sup­pres­sion de la ré­serve par­le­men­taire) ne crée pas un cli­mat fa­vo­rable à LREM. « La droite va faire une cam­pagne très dure », pro­nos­tique un sé­na­teur ma­cro­nien.

Symp­tôme de ce contexte dif­fi­cile, deux têtes de liste ont dé­jà ren­du leur ta­blier : après Ni­cole Bricq en Seine-et-Marne, c’est le nu­mé­ro un dans le Nord, l’an­cien di­rec­teur de Sciences-po Lille, Pierre Ma- thiot, qui a an­non­cé hier qu’il se re­ti­rait « pour des rai­sons per­son­nelles ». Cer­tains, comme le Mar­cheur contes­ta­taire Phi­lippe Ca­thu­za­to, évoquent dé­jà la pers­pec­tive d’une « dé­cu­lot­tée » le 24 sep­tembre. Pas le plan idéal pour le gou­ver­ne­ment au mo­ment d’en­ta­mer la ren­trée.

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