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Le dé­man­tè­le­ment d’une nou­velle équipe de tra­fi­quants dé­fé­rés hier et la sai­sie de 800 kg de « blanche » dans des conte­neurs dé­montre une fois de plus les com­pli­ci­tés in­ternes dans le port du Havre.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - JU­LIEN CONSTANT

est l’une des plus grandes portes d’en­trée de la co­caïne en Eu­rope. Hier, les six pre­miers des neuf tra­fi­quants in­ter­pel­lés sa­me­di au Havre (Seine-Ma­ri­time), avec 800 kg de drogue, par les en­quê­teurs de la po­lice ju­di­ciaire de Rouen, épau­lés par leurs col­lègues de l’Of­fice cen­tral pour la ré­pres­sion du tra­fic des stu­pé­fiants et les agents des douanes, ont été dé­fé­rés de­vant un juge d’ins­truc­tion.

L’af­faire com­mence il y a plu­sieurs mois, lorsque doua­niers et po­li­ciers re­cueillent un ren­sei­gne­ment sur l’exis­tence d’un nou­veau tra­fic, me­né avec la com­pli­ci­té d’un do­cker. Cette équipe tra­vaille se­lon la tech­nique du « rip-off » qui consiste à pla­cer des sacs de drogue dans des conte­neurs en Amé­rique du Sud, à l’in­su des en­tre­prises ex­pé­di­trices, puis de les ré­cep­tion­ner au port d’ar­ri­vée. coupe d’or­ga­ni­sa­tions cri­mi­nelles, il leur est dif­fi­cile de faire ma­chine ar­rière », ex­plique un fonc­tion­naire. Des ri­va­li­tés existent même au point qu’une fois, un do­cker a été sé­ques­tré par une équipe concur­rente.

Les ser­vices an­ti­drogue ne chôment pas : en mai der­nier, treize do­ckers ont été in­ter­pel­lés au Havre dans une af­faire qui avait com­men­cé en août 2016 par la sai­sie dans le port de 340 kg de co­caïne.

Peu de temps au­pa­ra­vant, le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel du Havre avait in­fli­gé des peines de deux, trois et cinq ans pri­son à trois autres do­ckers pour des faits iden­tiques. « En 2016 au Havre, les au­to­ri­tés ont sai­si 1,5 t de co­caïne, ex­plique un en­quê­teur spé­cia­li­sé. En 2017, il y a dé­jà eu, outre l’af­faire ac­tuelle, une sai­sie de 330 kg de poudre blanche et plu­sieurs ar­res­ta­tions. »

La li­vrai­son par conte­neur est la voie la plus sûre pour les tra­fi­quants co­lom­biens, pé­ru­viens ou bo­li­viens qui opèrent à l’échelle pla­né­taire et in­dus­trielle. Ces car­tels, qui em­ploient par­fois jus­qu’à 5 000 per­sonnes, ache­minent leur mar­chan­dise en Afrique de l’Ouest par conte­neur avant de re­mon­ter vers l’Eu­rope, mar­ché très lu­cra­tif. Le port du Havre mais aus­si ceux d’An­vers, Rot­ter­dam et Ham­bourg, sont les portes d’en­trée prin­ci­pales.

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