Les Bleus ont ga­gné un match sans fin

Toute la se­maine, nous re­ve­nons sur quelques temps forts de la sai­son de sport. Re­tour sur le suc­cès in­ouï de l’équipe de France de rugby face au Pays de Galles au terme de vingt mi­nutes de temps ad­di­tion­nel.

Le Parisien (Paris) - - AU DE L'ETE -

co­lores, il va perdre le contrôle d’une par­tie de­ve­nue folle.

On va bien­tôt at­teindre la fin du temps ré­gle­men­taire et le Pays de Galles mène 18-13. Les Fran­çais lancent une ul­time at­taque, mais la dé­fense gal­loise fait une faute. La pé­na­li­té n’ap­por­te­rait que trois points dans l’es­car­celle bleue. Pas as­sez pour l’em­por­ter. Le pack opte alors pour la mê­lée. « On sa­vait que c’était per­du pour nous à la moindre faute, se sou­vient le troi­sième ligne Da­mien Chou­ly. Quand on a vu que l’ar­bitre ne nous don­ne­rait pas l’es­sai de pé­na­li­té, on a tout es­sayé… » dé­ci­sion » — puis ma­nie l’hu­mour : « Si ça conti­nue, ça va se ter­mi­ner après le 20 Heures. » Il ne croit pas si bien dire. Au même mo­ment, une fe­nêtre s’ouvre à la té­lé­vi­sion pour mon­trer les joueurs an­glais et ir­lan­dais qui chantent les hymnes à Twi­cken­ham avant de de­voir tout sim­ple­ment pa­tien­ter. Car ce match sans fin oblige les dif­fu­seurs outre-Manche à re­pous­ser le coup d’en­voi de la vraie fi­nale.

L’en­ca­dre­ment du XV de France dé­cide, alors, d’ajou­ter un (gros) brin de ma­lice. Il pré­texte un KO du pi­lier Ui­ni Ato­nio, clai­re­ment en dif­fi­cul­té, pour le rem­pla­cer par Ra­bah Sli­ma­ni, plus ef­fi­cace Dans le camp gal­lois, on se lance aus­si dans l’in­ti­mi­da­tion. Sam War­bur­ton es­time avoir été mor­du au bras, de­mande la vi­déo qui ne mon­tre­ra rien. « C’est la pre­mière fois que je voyais le Stade de France comme ce­la pour du rugby », avoue Mat­thieu Lar­tot. D’or­di­naire si froide, l’en­ceinte dio­ny­sienne donne le ton et dé- borde d’une pas­sion conta­gieuse. A l’an­tenne, le jour­na­liste se met à l’unis­son pour ac­cou­cher d’un « dé­noue­ment gé­nial ». Le Cler­mon­tois Chou­ly fi­nit par fran­chir la ligne d’es­sai. L’ar­bitre hé­site en­core, jette un oeil à l’un de ses as­sis­tants avant de le­ver le bras droit pour of­frir cinq points aux Fran­çais. Les 78 688 spec­ta­teurs exultent. Le prince William, par­rain de la Fé­dé­ra­tion gal­loise, pré­sent en tri­bune of­fi­cielle, ne se dé­part pas de son flegme bri­tan­nique aux cô­tés de la prin­cesse Kate, mais il doit ra­ger, in­té­rieu­re­ment, contre ce co­quin de sort. « Ce­la reste quelque chose de fou, ad­met le hé­ros Da­mien Chou­ly. Mais vingt mi­nutes, c’est une éter­ni­té ! Après l’es­sai, c’est l’ex­plo­sion ! Hon­nê­te­ment, oui, c’est l’es­sai le plus jouis­sif de ma car­rière. »

Après coup, Guy No­vès, le sé­lec­tion­neur des Bleus, confesse : « Je n’y croyais pas trop. » Le tech­ni­cien en a pour­tant vu d’autres du haut de ses 819 matchs sur le banc du Stade toulousain…

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