« On peut tou­jours s’amé­lio­rer »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PRO­POS RECUEILLIS PAR MAT­THIEU PELLOLI, VA­LÉ­RIE HACOT, MARC LOMAZZI, CHARLES DE SAINT SAUVEUR

De­puis le dé­but du quin­quen­nat, il y a eu de nom­breux couacs au sein de votre gou­ver­ne­ment. Vos mi­nistres sont-ils trop no­vices ?

ÉDOUARD PHI­LIPPE. L’ex­pé­rience montre que les po­li­tiques aguer­ris peuvent eux aus­si « coua­quer ». Quand je com­pare ce que vous évo­quez en termes de couacs avec ce qui pré­va­lait avant, nous n’avons pas à rou­gir. Vous êtes en pé­riode de ro­dage ? Il y a for­cé­ment, comme au dé­but de chaque pé­riode, des choses qui se calent. C’est vrai pour cha­cun des mi­nistres. Nous avons vou­lu in­té­grer des hommes et des femmes qui n’étaient pas is­sus du monde politique, avec des ex­pé­riences per­son­nelles va­riées. Ils entrent dans le bain politique et ont par­fois eu be­soin d’un peu de temps pour trou­ver leurs marques. Il n’em­pêche que les qua­li­tés pour les­quelles ils ont été choi­sis sont in­com­pa­ra­ble­ment su­pé­rieures aux pe­tits in­con­vé­nients liés à leur pé­riode d’adap­ta­tion. Il y a néan­moins des choses qui ont dû vous aga­cer… On peut tou­jours s’amé­lio­rer. C’est vrai pour le Par­le­ment, pour le gou­verne- ment… et pour moi. On ap­prend de ses er­reurs, on cor­rige, c’est un pro­ces­sus conti­nu. Bien sûr qu’on va s’amé­lio­rer. Mais ci­tez-moi un autre mois de ses­sion ex­tra­or­di­naire où au­tant de textes de loi ma­jeurs ont été me­nés à bien ! Cer­tains es­timent que Ri­chard Fer­rand, le pré­sident du groupe L REM à l’As­sem­blée, n’est pas as­sez pré­sent… J’ai toute confiance dans le pré­sident du groupe. On a un groupe nom­breux, pas en­core très ex­pé­ri­men­té, mais tout fonc­tionne de mieux en mieux. Il est plus im­por­tant d’ex­pli­quer ce qu’on fait que d’être ap­prou­vé. Je crois que les Fran­çais res­pectent ceux qui ex­pliquent. Nous de­vons rap­pe­ler en per­ma­nence le sens de notre ac­tion, dé­pas­ser la seule ar­gu­men­ta­tion bud­gé­taire pour rap­pe­ler le cap que nous sui­vons. Là-des­sus, on a des marges d’amé­lio­ra­tion.

« JE N’AI JA­MAIS CHERCHÉ À ÊTRE SPEC­TA­CU­LAIRE »

Vous par­lez de faire plus de pé­da­go­gie. Mais vous avez al­lu­mé une nou­velle po­lé­mique avec les élus lo­caux en an­nu­lant par dé­cret et sans au­cune ex­pli­ca­tion 300 M€ de do­ta­tions… C’est quand même un monde ! Les so­cia­listes ont bais­sé mas­si­ve­ment les do­ta­tions aux col­lec­ti­vi­tés sans concer- ta­tion et ils hurlent au loup quand nous pre­nons des me­sures pour ne pas aug­men­ter les im­pôts. Ces 300 M€ n’ont été en­le­vés à per­sonne, car ils n’avaient été don­nés à per­sonne. Au­cun pro­jet en cours n’est an­nu­lé. A l’ave­nir, nous pro­po­sons aux col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales un pacte de res­pon­sa­bi­li­té : l’Etat ne bais­se­ra plus ses do­ta­tions dès lors qu’elles maî­tri­se­ront leurs dé­penses. Un son­dage montre que votre po­pu­la­ri­té et celle d’Em­ma­nuel Ma­cron sont en forte baisse... Ceux qui ont pas­sé leur temps à re­gar­der les son­dages, ou pire, à gou­ver­ner au gré des son­dages, ont échoué. Je vais es­sayer de ne pas faire la même er­reur. Com­ment faites-vous pour tra­vailler avec « l’hy­per­pré­sident » Ma­cron ? J’ai d’ex­cel­lentes re­la­tions de tra­vail avec le pré­sident, ex­trê­me­ment fluides, cha­leu­reuses, même. Ça se passe très bien, et sim­ple­ment. Cer­tains disent que vous de­vriez da­van­tage mon­ter au cré­neau, que vous êtes trop gen­til… Re­gar­dez ma vie politique : je n’ai ja­mais cherché à être spec­ta­cu­laire. J’es­saie d’être sé­rieux, so­lide, de mon­ter au cré­neau quand c’est né­ces­saire. L’om­ni­pré­sence ne me semble pas être gage d’ef­fi­ca­ci­té gou­ver­ne­men­tale. Seule compte l’ef­fi­ca­ci­té.

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