« Le pro­jet se­ra pré­sen­té le 31 août »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR -

Mer­cre­di a été vo­té le pro­jet de loi d’ha­bi­li­ta­tion au­to­ri­sant la ré­forme par or­don­nances du Code du tra­vail. Que ré­pon­dez-vous à ceux qui cri­tiquent un texte dés­équi­li­bré, trop fa­vo­rable aux en­tre­prises ? Que nous te­nons l’en­semble de nos en­ga­ge­ments. Sur le fond, en li­bé­rant l’ac­ti­vi­té tout en pro­té­geant les sa­la­riés, et sur la mé­thode, en dis­cu­tant lon­gue­ment avec les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales et pa­tro­nales. Les par­te­naires so­ciaux ont été fermes sur leurs po­si­tions, mais ils ont joué le jeu avec sé­rieux. De même, au Par­le­ment, le pro­jet de loi a don­né lieu à des échanges par­fois vifs mais réels. C’était un point très im­por­tant. Mais le texte ne fait-il pas la part belle aux re­ven­di­ca­tions pa­tro­nales ? Je ne suis pas là pour faire plai­sir à tel ou tel, je suis là pour mettre en oeuvre les en­ga­ge­ments du pré­sident de la Ré­pu­blique et pour faire re­dé­mar­rer le pays. C’est le sens de cette ré­forme qui va nous per­mettre de pla­cer la né­go­cia­tion so­ciale au ni­veau le plus ef­fi­cace, plus près de la réa­li­té du ter­rain, dans l’en­tre­prise ou au ni­veau de la branche en fonc­tion des su­jets, ou de rendre en­fin ap­pli­cable le compte pé­ni­bi­li­té sans re­mettre en cause les droits ac­quis. C’est bon pour tout le monde, les en­tre­prises comme les sa­la­riés. Les syn­di­cats dé­noncent des re­culs comme le pla­fon­ne­ment des in­dem­ni­tés prud'ho­males en cas de li­cen­cie­ment abu­sif… Il y a aus­si des points où les en­tre­prises trouvent que le texte est trop fa­vo­rable aux sa­la­riés, par exemple sur l’aug­men­ta­tion des in­dem­ni­tés de li­cen­cie­ment, qui sont dans la moyenne basse en Eu­rope. Nous vou­lons sé­cu­ri­ser la re­la­tion em­ployeur-em­ployé avec des règles simples et pré­vi­sibles pour cha­cun, y com­pris sur la ques­tion de la fin du contrat de tra­vail. Quand vous sim­pli­fiez les choses, vous les sim­pli­fiez pour tout le monde. La lon­gueur des pro­cé­dures de­vant les prud’hommes et l’in­cer­ti­tude sur les mon­tants pé­na­lisent tant les sa­la­riés que les em­ployeurs. Après chaque étape de la né­go­cia­tion, les orien­ta­tions du gou­ver­ne­ment ont été par­ta­gées avec les par­te­naires so­ciaux, la concer­ta­tion se pour­suit pen­dant l’été pour fi­na­li­ser le pro­jet, qui se­ra pré­sen­té le 31 août, et les textes dé­fi­ni­tifs se­ront ap­prou­vés par le Con­seil des mi­nistres avant la fin de l’été. Des me­sures pa­raî­tront trop au­da­cieuses à cer­tains et pas as­sez à d’autres, c’est la vie, mais toutes au­ront fait l’ob­jet d’un dia­logue ap­pro­fon­di avec les par­te­naires so­ciaux. Re­dou­tez-vous la jour­née d’ac­tion du 12 sep­tembre contre la ré­forme du Code du tra­vail ? J’ai en­ten­du cet ap­pel syn­di­cal et je le res­pecte, mais j’ai le sen­ti­ment que les Fran­çais ont en­vie de so­lu­tions plu­tôt que de blo­cages. Con­si­dé­rez-vous que la mi­nistre du Tra­vail, Mu­riel Pé­ni­caud, est fra­gi­li­sée par l’af­faire Bu­si­ness France ou par des cri­tiques sur la plus-va­lue bour­sière réa­li­sée lors­qu’elle était DRH de Da­none ? Je trouve qu’elle a été ad­mi­rable pen­dant toute cette phase de dis­cus­sion, pré­cise, ou­verte, sou­cieuse d’avan­cer. Je suis très heu­reux qu’elle soit à la ma­noeuvre sur ce dos­sier. C’est une re­mar­quable mi­nistre, une très bonne connais­seuse de ses su­jets, et j’ai le sen­ti­ment qu’elle est res­pec­tée par les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales. Et concer­nant la po­lé­mique liée à sa plus-va­lue bour­sière ? Il y a sans doute des gens dans ce pays qui sont ou­trés par le fait que cer­tains gagnent de l’ar­gent, voire beau­coup d’ar­gent. Je ne par­tage pas ce sen­ti­ment aus­si long­temps que c’est lé­gal et qu’on paye des im­pôts des­sus.

Paris (VIIe), mer­cre­di. Edouard Phi­lippe es­time que le texte ré­for­mant le Code du tra­vail « est bon pour tout le monde, les en­tre­prises comme les sa­la­riés ».

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