Le­bi­zu­ta­ge­des­pom­piers avait­tour­néàl’agres­sion­sexuelle

Dix hommes de la bri­gade des sa­peurs-pom­piers de Paris viennent d’être ren­voyés en cor­rec­tion­nelle pour des faits da­tant de 2012. Trois d’entre eux pour agres­sion sexuelle.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - JU­LIEN CONSTANT

de bi­zu­tage. Dix des douze membres de l’ex-équipe de gym­nas­tique des sa­peurs-pom­piers de Paris (BSPP), mis en exa­men pour viol, en 2012 à Paris, se­ront fi­na­le­ment ju­gés dans les pro­chains mois par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel. Trois d’entre eux com­pa­raî­tront pour agres­sion sexuelle, cinq pour vio­lence vo­lon­taire et les deux der­niers pour non-em­pê­che­ment d’un dé­lit. L’of­fi­cier et le sous-of­fi­cier mis en cause pour leur pas­si­vi­té ont fi­na­le­ment été écar­tés des pour­suites. « En­fin ! lâche Me Ni­co­las Cellupica, l’avo­cat des deux pom­piers vic­times. Voi­là plus de cinq ans que nous at­ten­dons ce pro­cès. Mes clients sont à la fois résignés face à ces dé­lais in­sup­por­tables et impatients de tour­ner la page. » L’af­faire com­mence le 6 mai 2012 dans un au­to­car qui ra­mène de Col­mar (Haut-Rhin) à Paris l’équipe de gym de la BSPP. A bord, trente et un pas­sa­gers. Ce di­manche soir, un sa­peur­pom­pier de 28 ans su­bit le ri­tuel de la fes­sée, un bi­zu­tage qu’il n’avait pas en­core su­bi mal­gré ses deux ans d’an­cien­ne­té. Le ri­tuel consiste, à l’ar­rière du bus dé­nom­mé le Bronx, à pin­cer et mordre les fesses. Puis les plaies san­glantes sont ba­di­geon­nées de baume du tigre. Après cette hu­mi­lia­tion, le jeune homme se ré­volte et in­sulte ses agres­seurs. Mais il est en­suite vio­lé par cer­tains de ses ca­ma­rades avec une bou­teille. La scène est filmée avec un té­lé­phone por­table.

Le jeune homme dé­pose une plainte le 10 mai dans les lo­caux de la po­lice ju­di­ciaire. L’équipe de gym­nas­tique est en­ten­due et les sus­pects pla­cés en garde à vue dans lo­caux de la sec­tion de re­cherches de Paris. Plu­sieurs des pom­piers re­con­naissent avoir par­ti­ci­pé à un bi­zu­tage. Mais ils nient toute forme de vio­lence sexuelle. Douze hommes sont sus­pen­dus de leurs fonc­tions après leur mise en exa­men. Au cours de l’en­quête, un se­cond pom­pier de 26 ans ex­plique qu’il a aus­si été contraint de se désha­biller et de su­bir des châ­ti­ments cor­po­rels.

« Pen­dant l’ins­truc­tion, ces jeunes spor­tifs ont mis en avant un pré­ten­du consen­te­ment des vic­times », note le par­quet dans ses ré­qui­si­tions. Mais le mi­nis­tère pu­blic re­jette cette in­ter­pré­ta­tion car les vic­times ont été main­te­nues au ni­veau des bras et des jambes pour se voir in­fli­ger des vio­lences et di­verses hu­mi­lia­tions aux­quelles elles n’adhé­raient pas car elles se dé­bat­taient et criaient.

Cette af­faire a en­traî­né la dis­so­lu­tion im­mé­diate de l’équipe de gym­nas­tique. Cette uni­té, créée en 1919, était com­po­sée de cin­quante gym­nastes de haut ni­veau qui n’in­ter­ve­naient qua­si­ment ja­mais lors des opé­ra­tions de se­cours. Con­tac­tée hier, la di­rec­tion de la bri­gade des sa­peurs-pom­piers de Paris n’a sou­hai­té faire au­cun com­men­taire.

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