Le PSG a som­bré à Bar­ce­lone

Toute la se­maine, nous re­ve­nons sur quelques temps forts de la sai­son de sport. Après le fes­ti­val réa­li­sé lors du 8e al­ler de Ligue des cham­pions, Paris al­lait connaître la plus grosse dé­bâcle de son his­toire à Bar­ce­lone.

Le Parisien (Paris) - - AU FIL DE L'ETE - ADRIENCHANTEGRELET

le PSG est en­tré, à sa fa­çon, dans l’his­toire du foot­ball. Il s’en se­rait bien pas­sé au re­gard du scé­na­rio qui s’est pro­fi­lé ce soir-là au Camp Nou. Trois se­maines aprèsl’écla­tant­suc­cès­des­hommes d’Unai Eme­ry au Parc des Princes (4-0), un jour de SaintVa­len­tin fai­sant le bon­heur de tous les amou­reux du PSG, toutes les condi­tions étaient réunies pour as­sis­ter à une soi­rée mé­mo­rable. Elle le se­ra bel et bien pour le FC Bar­ce­lone.

Ja­mais une équipe n’avait réus­si à re­mon­ter un dé­fi­cit de quatre buts dans l’his­toire de la Ligue des cham­pions. Les sta­tis­tiques étaient for­melles et la par­ti­tion li­vrée par le PSG lors du 8e de fi­nale al­ler ne lais­sait craindre une telle hu­mi­lia­tion en mon­do­vi­sion.«On­se­pre­nai­tun peu pour les rois d’Eu­rope. Il y avait une forme de confron­ta­tion entre l’ar­ro­gance pa­ri­sienne et bar­ce­lo­naise, ra­conte Ambre, une sup­por­trice pré­sente au Camp Nou. Bi­zar­re­ment, les Es­pa­gnols étaient pro­vo­ca­teurs et per­sua­dés qu’ils pou­vaient le faire. » Car ce Bar­ça-là est uni- que. A l’image de sa MSN (Mes­si-Sua­rez-Ney­mar), un trio d’attaque dont la seule pré­sence sur un ter­rain suf­fit à an­gois­ser n’im­porte quelle dé­fense. Le ca­pi­taine Thia­go Sil­va et ses com­pères en se­ront l’illus­tra­tion par­faite. Au coup d’en­voi, ils re­cu­le­ront sou­dai­ne­ment de dix mètres afin de se po­si­tion­ner de­vant la sur­face de ré­pa­ra­tion de Trapp. L’image est sai­sis­sante et dit tout de la fé­bri­li­té qui gagne les Pa­ri­siens. Con­qué­rants et hé­roïques au Parc des Princes, ils semblent pé­tri­fiés et té­ta­ni­sés par l’en­jeu. « Avec Eric Car­rière, nous avons été scot­chés par l’at­ti­tude des Pa­ri­siens qui ont im­mé­dia­te­ment su­bi, dé­taille le jour­na­liste Do­mi­nique Armand, qui of­fi­ciait au bord du ter­rain pour Ca­nal +. Ils avaient l’air pau­més. On avait l’im­pres­sion que l’équipe ne sa­vait pas com­ment elle de­vait se com­por­ter. »

Après trois mi­nutes de jeu, cette vo­lon­té de jouer avec le frein à main est aus­si­tôt sanc­tion­née par un but de Sua­rez. « Le prin­ci­pal pro­blème est qu’on a joué de fa­çon beau­coup trop dé­fen­sive sans af­fi­cher la vo­lon­té d’al­ler ins­crire des buts, confir­me­ra Ju­lian Drax­ler dans nos co­lonnes. C’est com­pli­qué car, face à une équipe comme Bar­ce­lone qui passe 90 mi­nutes à at­ta­quer et at­ta­quer en­core, c’est très dif­fi­cile de ré­sis­ter. » Le dé­but de match des par­te­naires de Ca­va­ni est ca­tas­tro­phique et don­ne­ra le ton des 93 mi­nutes res­tantes. Le PSG su­bit, manque de com­ba­ti­vi­té, d’ins­pi­ra­tion et laisse trans­pa­raître une fé­bri­li­té qu’il avait dé­po­sée au ves­tiaire à l’al­ler. Le pé­nal­ty ins­crit par Mes­si au re­tour des vestiaires des­sine les contours d’une fin de match an­gois­sante pour Paris.

« Eme­ry était très agi­té. Il dé­ga­geait une grande ner­vo­si­té, re­marque Do­mi­nique Armand, po­si­tion­né à 5 m du banc pa­ri­sien. Il vit tou­jours ses matchs à fond. Mais ce soir-là, il était en­co­re­plus­ten­du­qued’ha­bi­tude.» « Même du haut des tri­bunes, on res­sen­tait cette pa­nique », com­plète un fan pa­ri­sien. Le but ins­crit par Ca­va­ni à l’heure de jeu son­ne­ra alors comme une bouf­féed’oxy­gène.DiMa­ria,doigt­sur la bouche, in­time l’ordre au Camp Nou de se taire. Cer­tains fans­duBar­çaen­vien­nen­tà­quit­ter l’en­ceinte où règne un si­lence de ca­thé­drale. « Pen­dant vingt­cinq mi­nutes, le stade et les joueurs sont son­nés », se re­mé­more Armand. Même les hommes de Luis En­rique perdent es- poir. « A 3-1, cer­tains joueurs du Bar­ça nous ont dit que c’était fi­ni », confie Ver­rat­ti à l’is­sue de la ren­contre. Ney­mar ne fai­sait pas par­tie de ceux-là.

Dé­chaî­né, le Bré­si­lien est le sym­bole de cette re­mon­ta­da qui prend tout son sens à par­tir de la 88e mi­nute en étant im­pli­qué dans les trois der­niers buts de son équipe (2 buts, 1 passe dé­ci­sive) ins­crits en l’es­pace de sept mi­nutes. Sept mi­nutes du­rant les­quelles les Pa­ri­siens n’ef­fec­tuent que quatre passes. Le CampNouen­tre­dan­su­né­tat­se­cond. « Le Bar­ça vou­lait fê­ter sa re­mon­ta­da. Nous avons as­sis­té au tour d’hon­neur des joueurs et aux cé­lé­bra­tions. C’était très long », sou­pire Ambre, désa­bu­sée.Au­mê­me­mo­ment,unautre homme di­gère cette dé­faite hu­mi­liante, seul, loin de l’agi­ta­tion gé­né­rale. « Après le match, Unai Eme­ry s’est en­fer­mé dans une pièce en bas des marches qui mènent au Camp Nou et il s’est iso­lé­du­ran­tun­quartd’heure,ré­vèle Do­mi­nique Armand. Il avait cer­tai­ne­ment be­soin de re­prendre ses es­prits, de re­tom­ber sur ses pattes avant de ve­nir ré­pondre aux jour­na­listes. Il était dans un état de choc. » Comme des mil­lions de fans de foot.

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