Le GR20 en proie aux flammes

Le cé­lèbre sen­tier de ran­don­née a été par­tiel­le­ment fer­mé à cause des feux qui touchent la Corse.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

à 1 289 m d’al­ti­tude, entre les hêtres et les vieux pins, le re­fuge est presque vide. Seule­ment six ran­don­neurs, hier, au coeur de l’après-mi­di. Im­pos­sible d’al­ler plus loin sur le my­thique sen­tier de grande ran­don­née GR20, l’un des plus durs d’Eu­rope, qui tra­verse la Corse du nord au sud.

De­puis mer­cre­di, ce par­cours est par­tiel­le­ment fer­mé à cause des in­cen­dies alen­tour, dans le sec­teur de Pal­ne­ca, au sud. Des ran­don­neurs ont même dû être éva­cués par hé­li­co­ptère. Alors, s’ils veulent conti­nuer leur pé­riple, les mar­cheurs aguer­ris doivent prendre une na­vette jus­qu’aux ber­ge­ries de Bas­se­ta, à une qua­ran­taine de ki­lo­mètres au sud. Et sau­ter deux étapes.

« Bien sûr, il y a un stress, c’est an­xio­gène, té­moigne Jean-Marc Lu­bra­no qui tient ce re­fuge de­puis vingt et un ans. Mais si je perds de l’ar­gent pen­dant six jours, ça ne chan­ge­ra pas ma vie. Par contre, si la mon­tagne dis­pa­raît, la vie de tout le monde chan­ge­ra », lance-t-il. Son cou­sin Fran­çois-Ma­rie est du même avis. « La fo­rêt, c’est notre pa­tri­moine, no- tre mé­tier, c’est tout. On vit de ça. » A dix mi­nutes du re­fuge, les flammes ont dé­jà ra­va­gé 180 ha. Hier, 230 sa­peurs-pom­piers ten­taient tou­jours de maî­tri­ser l’in­cen­die qui re­mon­tait jus­qu’en Hau­teCorse. Cinq avions al­ter­naient les ro­ta­tions au-des­sus de la fo­rêt rouge. « On a bon es­poir de le maî­tri­ser ce sa­me­di. Même si les ré­si­neux brûlent vite, il n’y a pas de vent. Le feu pro­gresse len­te­ment », ras­sure Fran­çois Pra­don, chef d’état-ma­jor de la zone sud.

D’ici mer­cre­di, date de re­prise du vent, il fau­dra faire un maxi­mum de ra­tis­sage, en­le­ver l’hu­mus et les brin­dilles, sus­cep­tibles de brû­ler. Les sa­peurs-pom­piers ne peuvent pas pro­fi­ter des tem­pé­ra­tures fraîches de la nuit pour pro­gres­ser. Comme quinze autres dé­par­te­ments, l’Ile de Beau­té, en alerte orange à la ca­ni­cule, suf­foque de­puis lun­di der­nier.

« Hier, dans l’après-mi­di, on a re­le­vé 42,3 à Figari. Et la tem­pé­ra­ture conti­nuait de mon­ter », pré­cise Etienne Ka­pi­kian, pré­vi­sion­niste chez Mé­téo France. « On n’a ja­mais eu si chaud en août en Corse de­puis que l’on fait des re­le­vés. »

2 200 ha sont dé­jà par­tis en fu­mée à Bi­gu­glia, en Haute-Corse, 75 à Ap­piet­to, dans le sud, de­puis la fin juillet. Mais le mer­cure de­vrait en­fin bais­ser di­manche. La masse d’air chaude, ame­née par le si­roc­co, de­vrait être chas­sée par du vent de l’océan At­lan­tique.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.