Na­dal a comp­té jus­qu’à dix

Toute la se­maine, nous re­ve­nons sur quelques temps forts de la sai­son de sport. Au­jourd’hui, re­tour sur la dixième vic­toire de Ra­fael Na­dal à Ro­land-Gar­ros, le 11 juin. Une de­ci­ma his­to­rique.

Le Parisien (Paris) - - AU FIL DE L’ÉTÉ - ÉRICBRUNA

Ra­han mus­cu­leux aux tee-shirts sans manches et aux che­veux longs ve­nu po­ser son pied sur la terre pro­mise du court no 1 le 23 mai 2005. Qui est pas­sé en douze ans de gla­dia­terre à ex­tra­ter­rien, puis re­con­quis­ta­dor… La plus grosse fes­sée in­fli­gée par le no 2 mon­dial dans ses 79 suc­cès pa­ri­siens (pour deux dé­faites) ! « Je m’at­ten­dais à un match très, très dif­fi­cile, mais pas à quelque chose comme ça, souffle la vic­time du jour. Le score est as­sez em­bar­ras­sant… »

Na­dal passe plus de temps à l’en­traî­ne­ment qu’en match. Plus stres­sé en re­gar­dant avec des yeux d’en­fant la dé­mons­tra­tion de son Real Ma­drid fé­tiche face à la Ju­ven­tus en fi­nale de Ligue des cham­pions(4-1)le­jour­de­so­nan­ni­ver­saire qu’en mon­tant les marches qui mènent au cen­tral…

Mais cette fois, ça y est. On va voir ce qu’on va voir. En de­mi-fi- nale,l’im­pé­tueuxDo­mi­nicT­hiem (tom­beur d’un pâle Djo­ko­vic) semble en­fin un rem­part as­sez so­lide pour ré­sis­ter aux coups de bou­toir de l’ex-no 1 mon­dial. D’au­tant que l’Au­tri­chien est le seul à avoir fait tré­bu­cher l’ogre sur sa sur­face en 2017 (à Rome). « Il n’y a pas de rai­son ob­jec­tive qu’il ne puisse pas ga­gner », pro­phé­ti­se­mê­me­dans­nos­co­lonnes l’an­cien cham­pion Bo­ris Be­cker. Il y en a pour­tant une : Na­dal. 6-3, 6-4, 6-0. Au sui­vant…

On se force à y croire, mais per­sonne n’ima­gine vrai­ment Wa­wrin­ka, érein­té par une de­mi-fi­nale ma­ra­thon contre Mur­ray, réus­sir l’im­pos­sible. Pas mê- me les or­ga­ni­sa­teurs, qui ont mis les pe­tits plats dans les grands pour cé­lé­brer un his­to­rique no 10. Po­dium, dra­peaux à dé­ployer dans la par­tie su­pé­rieure des tri­bunes, ré­tros­pec­tive pour les écrans géants, tout est pré­vu. Et Wa­wrin­ka est trop po­li pour gâ­cher l’ins­tant. Au terme d’une fi­nale ex­press, mar­quée par un coup droit dé­croi­sé su­per­so­nique (160 km/h) de Na­dal, Ra­fa sou­lève sa 10e coupe des Mous­que­taires.Etré­colte—en­fin—une ré­plique qui trône de­puis dans son aca­dé­mie des Ba­léares.

« On vou­lait mar­quer le coup, ex­plique Guy For­get, le di­rec­teur de Ro­land-Gar­ros. On avait pen­sé au roi Juan Car­los ou à cer­tains joueurs du Real Ma­drid pour lui re­mettre. » C’est fi­na­le­ment To­ni, l’oncle et coach his­to­rique, qui s’avance, un brin gê­né, sur le cen­tral. « Quand on l’a vu avec les larmes aux yeux, on a com­pris que notre choix était le bon, pour­suit For­get. Notre pa­ri était réus­si. » Le Pa­ris de Na­dal aus­si. « Souvent les en­fants­me­de­man­daient:

san­glote To­ni, qui a pré­vu de pas­ser la main à Car­los Moya à la fin de la sai­son. Je di­sais :

J’y croyais tou­jours. Pour moi, Ra­fael n’est pas une lé­gende. Ra­fael, c’est Ra­fael… » * Fe­de­rer,

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