Pour­ra-t-on na­ger dans la Seine ?

La pro­messe a trente ans, mais avec la pers­pec­tive des JO, elle de­vient im­pé­ra­tive. Voi­ci le plan de Pa­ris pour en­fin y par­ve­nir.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR CHARLOTTEROBINET

ANNEHIDALGO en­fi­le­ra-t-elle le maillot de bain à la place de Jacques Chi­rac ? Près de trente ans après la pro­messe de l’an­cien maire de Pa­ris de se bai­gner dans la Seine (c’était en 1988), l’ac­tuelle pre­mière ma­gis­trate avait an­non­cé son in­ten­tion d’ou­vrir le fleuve à la bai­gnade de tous les Pa­ri­siens… si la ca­pi­tale ob­te­nait l’or­ga­ni­sa­tion des Jeux olym­piques en 2024. Main­te­nant que c’est fait, il n’y a plus le choix.

Pour au­to­ri­ser la bai­gnade aux ath­lètes qui par­ti­ci­pe­ront aux épreuves de 10 km nage libre et au tri­ath­lon lors des JO, et aux Pa­ri­siens qui n’en ont plus le droit de­puis 1923, il va falloir vrai­ment as­sai­nir le fleuve. Au-de­là du chif­frage de cette opé­ra­tion Seine propre —qui se compte en cen­taines de mil­lions d’eu­ros —, le dé­lai est-il te­nable ? Célia Blauel, adjointe à la maire de Pa­ris char­gée du dé­ve­lop­pe­ment du­rable, et de l’eau en par­ti­cu­lier, re­con­naît que le chal­lenge est grand .« Il va falloir don­ner un sa­cré coup d’accélérateur. Mais je suis su­per op­ti­miste. La qua­li­té de la Seine est bien meilleure qu’il y a vingt ans. La preuve : on y trouve au­jourd’hui 35 es­pèces de pois­sons, contre 2 seule­ment dans les an­nées 1970. » Mais, ac­tuel­le­ment, tout le monde s’ac­corde pour dire qu’on n’y fe­rait pas trem­pette ! Comment amé­lio­rer les choses ? Un plan d’ac­tion a été mis en place en 2016 parle co­mi­té Seine. Réu­nis­sant dif­fé­rents ac­teurs( l’ Agence de l’eau, les dé­par­te­ments, le Siaap, qui traite les eaux usées…) au­tour de la Ville et de la pré­fec­ture de ré­gion, il a iden­ti­fié quatre chan­tiers, dont deux re­pré­sentent « 80 % du pro­blème », se­lon l’Hô­tel de Ville : le trai­te­ment as­su­ré par deux sta­tions d’épu­ra­tion en amont de la Seine, et les égouts sa­tu­rés.

Pour le pre­mier, « nous al­lons équi­per les sta­tions d’épu­ra­tion de Va­len­ton, dans le Val-deMarne, et de Noi­sy-le-Grand, en Seine-Saint-De­nis, de filtres ul­tra­vio­lets qui éli­minent les bac­té­ries en­té­ro­coques et E. co­li, ce qui n’était pas fait jus­qu’à pré­sent, an­nonce Célia Blauel. Cette so­lu­tion existe et son ef­fi­ca­ci­té est prou­vée. » Pour ce qui est des égouts, la Ville mise sur la créa­tion de dé­ver­soirs d’orages, des bas­sins de sto­ckage des eaux en sous-sols, qui per­mettent d’évi­ter les dé­bor­de­ments en cas de fortes pluies.

Troi­sième axe de tra­vail : les pé­niches. Se­lon l’Hô­tel de Ville, 1 000 « im­meubles flot­tants », sans comp­ter les pé­niches de loi­sirs, sont re­cen­sés tout au long de la Seine. Or ces ha­bi­ta­tions dé­versent leurs eaux usées di­rec­te­ment dans le fleuve.

Der­nière piste, celle des eaux usées… « Il faut ac­cé­lé­rer les diag­nos­tics chez les par­ti­cu­liers, et leur ac­cor­der des aides d’Etat pour réa­li­ser les tra­vaux », pour­suitCé li aB lauel.Si­to us ces chan­tiers sont me­nés à bien, on pour­ra alors faire un grand plon­geon dans la Seine, en toute sé­cu­ri­té !

« IL VA FALLOIR DON­NER UN SA­CRÉ COUP D’ACCÉLÉRATEUR » CÉLIA BLAUEL, ADJOINTE À LA MAIRE DE PA­RIS

Au pied de la tour Eif­fel, la bai­gnade est in­ter­dite de­puis 1923.

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