Sa ma­man est de­ve­nue at­ta­chée consu­laire

Après dix-sept ans en In­do­né­sie, Hé­lène le Tou­zey en­vi­sage, elle, de res­ter sur place.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS -

la langue in­do­né­sienne cou­ram­ment. Elle en connaît les sub­ti­li­tés. Quand elle a ap­pris que son fils, Mi­chaël, avait été ar­rê­té, Hé­lène Le Tou­zey a tout quit­té pour s’ins­tal­ler à ses cô­tés dès avril 2000. Sé­pa­rée du père de Mi­chaël,el­lea­vou­lus’im­pré­gner de ce pays pour « le com­prendre de l’in­té­rieur » et « main­te­nir la tête hors de l’eau » à son fils confron­té à une « in­car­cé­ra­tion dif­fi­cile dans des pri­sons où la vio­lence est la règle de sur­vie ». dé­fense dans un pays qui a dé­ci­dé de faire un exemple avec les tra­fi­quants de drogue étran­gers. Un site In­ter­net est ou­vert et des re­lais se mettent en place. Des per­son­na­li­tés par­fois contro­ver- sées lancent des ap­pels pour ve­nir en aide à Mi­chaël Blanc. Des ventes aux en­chères d’ob­jets de cé­lé­bri­tés per­mettent de réunir plus de 150 000 €. Pen­dant quinze ans, Hé­lène par­court les par­loirs, fait le siège des bu­reaux des pro­cu­reurs et alerte l’opi­nion.« Je conti­nue ma vie ici. Je suis de­ve­nue conseillère consu­laire au­près de l’am­bas­sade et je mets toute mon éner­gie à la dé­fense des Fran­çais en dif­fi­cul­té en In­do­né­sie. Il y en a en­core en dé­ten­tion. Cer­tains risquent la peine de mort. J’ai des jour­nées bien rem­plies », avoue-t-elle.

« Il est im­por­tant pour moi de conti­nuer pour d’autres ce que j’ai fait pour mon fils et qui en ont aus­si be­soin. Et, ici, j’ap­prends tous les jours. Je fais des tra­duc­tions, je leur ex­plique le fonc­tion- ne­ment du sys­tème ju­di­ciaire. Je ne manque pas d’ac­ti­vi­tés », conti­nue l’in­fa­ti­gable Hé­lène, qui se consacre aus­si « à un or­phe­li­nat dont la ges­tion exi­ge­beau­coup­de­temps».

Hé­lène a tant d’oc­cu­pa­tions bé­né­voles en In­do­né­sie qu’elle ne sait pas en­core si elle quit­te­ra le pays avec son fils le 21 juillet 2018. « J’ai pris ici des en­ga­ge­ments au­près des gens qui me sont chers. Il me se­ra dif­fi­cile de les aban­don­ner comme ce­la. Ce se­rait les tra­hir. Ils m’ont aus­si beau­coup don­né. Mi­chaël ren­tre­ra, je l’ac­com­pa­gne­rai sans doute, mais je re­vien­drai ici. » Même si elle a conscience d’avoir « né­gli­gé » ses pe­tites filles pour « sau­ver Mi­chaël ». Sa seule culpa­bi­li­té.

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