JUS­QU’AU«BOUDUM»

Le Fes­ti­val du bout du monde, dans la pres­qu’île de Cro­zon, qui s’est te­nu ce week-end, reste in­ou­bliable pour ses concerts, son am­biance, ses bai­gnades…

Le Parisien (Paris) - - AU FIL DE L’ÉTÉ - NORAMOREAU À CRO­ZON (FI­NIS­TÈRE)

pour son am­biance. Le Fes­ti­val du bout du monde, qui souf­flait ce week-end ses 18 bou­gies à Cro­zon, a ac­cueilli, comme chaque an­née, plus de 60 000 ama­teurs de mu­siques du monde. Pour la plu­part, des fes­ti­va­liers aguer­ris. Le Boudum, c’est une ins­ti­tu­tion, pour nombre de fê­tards qui aiment « ne pas trop se prendre la tête ». La preuve : nombre de ses afi­cio­na­dos se ruent vers la billet­te­rie en ligne dès l’ou­ver­ture sans même je­ter un oeil à la pro­gram­ma­tion.

« Je ne sa­vais même plus ce qui pas­sait cette an­née, s’amuse Claire, Bre­tonne de 35 ans. On vient sur­tout pas­ser un bon mo­ment entre potes. Beau­coup de noms d’ar­tistes dans la pro­gram­ma­tion nous sont in­con­nus. Mais ce n’est pas plus mal, parce qu’on fait fran­che­ment de très belles dé­cou­vertes chaque an­née ! » Pour Maxime, 21 ans, c’est le ren­dez-vous à ne pas man­quer. « Bon, par contre, mes pa­rents et même ma grand­mère y vont aus­si, sou­pire-t-il. Mais moi, je reste dor­mir au cam­ping. L’am­biance, elle est car­ré­ment là­bas ! Et en dé­but d’après-mi­di, avant les concerts, on peut même fi­ler se bai­gner. C’est le pied ! »

Le Boudum pos­sède ef­fec­ti­ve­ment un avan­tage consi­dé­rable : il se dé­roule à Cro­zon (Fi­nis­tère), la pres­qu’île la plus à l’ouest du ter­ri­toire ; un lieu pa­ra­di­siaque dont cer­taines plages fi­gurent par­mi les plus belles du monde. Et au beau mi­lieu de ses 60 km de côtes, fou­lées par les pieds de plus de 6 mil­lions de tou­ristes chaque an­née, se trouve l’im­mense prai­rie de Lan­daou­dec, qui, avec son vieux fort Vau­ban, fait dan­ser toutes les gé­né­ra­tions pen­dant trois jours, dé­but août. Cette édi­tion a vu se suc­cé­der sur scène quelques beaux noms : Mi­chael Ki­wa­nu­ka, Tryo, Meute, Pa­trice, Té­té, Ke­ny Ar­ka­na, Da­na­kil, Chi­nese Man, UB40, le col­lec­tif Mo­ti­vés ! ou en­core l’élé­gant Ro­dolphe Bur­ger. Pour au­tant, quelle que soit la pro­gram­ma­tion, les habitués, nom­breux, se­ront tou­jours là. Tout comme les bé­né­voles. Ils sont près de 1 650 à gé­rer l’ins­tal­la­tion et le bon fonc­tion­ne­ment du fes­ti­val. Des élec­tri­ciens(plusde2 000heu­resde mon­tage et dé­mon­tage) à ceux qui gèrent les en­trées en pas­sant par les res­pon­sables des stands de res­tau­ra­tion et les bars. Pierre, 38 ans, est « bé­né­vole bis­trot » de­puis la deuxième édi­tion. « C’est mon dou­zième Boudum. Avec notre bande de co­pains, on se re­trouve ici et on re­de­vient des ados at­tar­dés pen­dant trois jours. C’est de­ve­nu une sorte de ri­tuel. Fi­na­le­ment, ici, c’est un fes­ti­val zen, qui s’as­sa­git avec les an­nées, et qui de­vient plu­tôt un re­paire de pa­pas en go­guette. »

Le pu­blic est una­nime : le prin­ci­pal avan­tage du Boudum, c’est la taille du site. « Un évé­ne­ment à taille hu­maine », comme le glisse gé­né­ra­le­ment Jacques Gué­rin, le di­rec­teur du fes­ti­val. « Ici, pour­suit Pierre, c’est suf­fi­sam­ment pe­tit pour re­trou­ver tes potes en moins d’un quart d’heure si tu te perds ». Bien pra­tique.

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