Ré­vé­la­tions sur l’ac­ci­dent dra­ma­tique de Puis­se­guin

Après Mont­pel­lier, des pompes fu­nèbres pi­cardes pro­posent à leur tour de dis­per­ser les cendres de dé­funts dans la stra­to­sphère, à la li­mite de l’es­pace.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR VINCENT MONGAILLARD

LORS DE FU­NÉ­RAILLES, Oli­vier Bap­tiste, gé­rant d’une agence de pompes fu­nèbres à Bre­teuil (Oise), voit les proches du dé­funt se re­cueillir en bais­sant la tête. Ces pro­chaines se­maines, il pour­rait en ac­com­pa­gner qui lèvent les yeux au ciel. Ce conseiller fu­né­raire vient d’an­non­cer qu’il pro­po­sait un nou­veau ser­vice : la dis­per­sion des cendres à une tren­taine de ki­lo­mètres du plan­cher des vaches.

Con­crè­te­ment, un bal­lon­sonde em­porte avec lui les cendres jus­qu’à la li­mite de l’es­pace. La pres­sion à très haute al­ti­tude en­traîne l’ex­plo­sion de l’en­gin gon­flé à l’hé­lium. Sa car­gai­son hu­maine, qui pèse en­vi­ron 3 kg, s’en­vole alors au gré des vents stra­to­sphé­riques et se ré­pand comme des « pous­sières d’étoile ». Le vais­seau, lui, se dés­in­tègre, « sans au­cun dan­ger ». « Le bal­lon est consti­tué à 100 % de ré­sines d’arbres, c’est tout à fait éco­lo­gique », as­sure Oli­vier Bap­tiste. Pour que la mis­sion soit réus­sie tout là­haut, il va s’équi­per d’un lo­gi­ciel qui prend en compte la force des vents et la quan­ti­té d’hé­lium afin de dé­fi­nir la tra­jec­toire de l’aé­ro­stat.

EN­VI­RON 2000€ LE L­CHER

Le pro­cé­dé n’est pas in­ter­dit par la loi, les cendres étant dis­per­sées « en pleine na­ture ». Chaque voyage post-mor­tem né­ces­site tout de même une dé­cla­ra­tion à la mai­rie du lieu de nais­sance du dé­funt et une au­to­ri­sa­tion de la Di­rec­tion gé­né­rale de l’avia­tion ci­vile (DGAC) afin de res­pec­ter les cou­loirs aé­riens (lire ci

des­sous). « Je pré­vien­drai aus­si la pré­fec­ture », sou­ligne-t-il. Sa pres­ta­tion, qui « peut être ins­crite dans un contrat ob­sèques », se­ra loin d’être don­née : aux alen­tours de 2 000 € le lâ­cher. « Le bal­lon et le lo­gi­ciel coûtent cher, jus­ti­fie le pa­tron. Mais une fois cette somme payée, vous n’avez plus au­cune conces­sion à ré­gler au co­lum­ba­rium, par exemple. » Pour l’heure, il ne compte au­cune com­mande ferme mais des de­mandes de ren­sei­gne­ments.

In­ven­té aux Etats-Unis, ce concept est très peu dé­ve­lop­pé en France. Il a été lan­cé dans notre pays en 2014 à Mont­pel­lier (Hé­rault) par Pous­sière d’étoile, avec qui Oli­vier Bap­tiste va d’ailleurs tra­vailler. Plus d’une tren­taine de fa­milles ont fait ap­pel aux ser­vices de Pous­sière d’étoile, dont une di­zaine ces six der­niers mois. « Pour beau­coup, il s’agis­sait de per­sonnes in­té­res­sées par l’aé­ro­nau­tique et le spa­tial, no­tam­ment d’an­ciens pi­lotes de ligne », dé­crit Vi­vien Ta­ni, au­to-en­tre­pre­neur de 29 ans qui est aus­si conseiller dans une agence de pompes fu­nèbres. Il faut comp­ter près de 1 000 € pour un dé­col­lage à Mont­pel­lier et les en­vi­rons et le double ailleurs. La cé­ré­mo­nie d’adieu peut se dé­rou­ler au bord d’un étang, sur une plage, sur le ter­rain des proches… Mi­chel, ex-com­man­dant de bord chez Air France, a eu re­cours au pro­cé­dé pour dis­per­ser, il y a deux mois, les cendres de son père, mort à 90 ans. « Il ado­rait les étoiles et l’aé­ro­mo­dé­lisme », se sou­vient Ni­cole, l’épouse de Mi­chel. Le dé­part vers l’au-de­là a eu lieu de­puis leur pro­prié­té, sur les hau­teurs de Lo­dève (Hé­rault), en pré­sence d’une quin­zaine de per­sonnes dont les pe­tit­sen­fants et ar­rière-pe­tits-en­fants. « C’était un mo­ment ex­tra­or­di­naire, très poé­tique, joyeux, per­sonne n’a pleu­ré, dé­crit-elle. La sym­bo­lique était forte : il est mon­té au ciel, même s’il était an­ti­clé­ri­cal. L’un des pe­tits a dit : Il va peut-être ren­con­trer [le spa­tio­naute] Tho­mas Pes­quet… Il avait su ré­vo­lu­tion­ner l’art de la cri­tique cu­li­naire, avec le cé­lèbre guide Gault&Millau qu’il avait co­fon­dé avec Hen­ri Gault (mort en 2000), et trans­for­mer la gas­tro­no­mie fran­çaise elle-même en pro­mou­vant une nou­velle cui­sine, al­lé­gée et in­ven­tive. Chris­tian Millau est dé­cé­dé sa­me­di chez lui à Saint-Man­dé (Val-de-Marne). Il avait 88 ans. 10 000 km en 100 jours : l’In­dien Sa­mir Singh a échoué tout près du but. Il avait presque réus­si son dé­fi fou mais, af­fai­bli par les bles­sures et les ma­la­dies, il a aban­don­né à 36 km du but. Ce­la fai­sait trois mois qu’il cou­rait dans Bom­bay. Il ne pe­sait plus que 44 kg, 16 de moins qu’au dé­part. Bai­gneurs, s’abs­te­nir : une mi­cro-algue toxique pro­li­fère dans les eaux de l’ar­chi­pel es­pa­gnol des Ca­na­ries, fa­vo­ri­sée no­tam­ment par les fortes cha­leurs. Les au­to­ri­tés re­com­mandent aux nom­breux tou­ristes — 13 mil­lions par an — de ne pas s’y frot­ter : elle contient une toxine qui peut en­traî­ner des ir­ri­ta­tions de la peau.

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