« Nous al­lons en­quê­ter dans tous les éle­vages »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR F.M.

IN­GÉ­NIEUR AGRONOME de for­ma­tion, Fa­ny Mo­lin, sous-di­rec­trice de la Sé­cu­ri­té sa­ni­taire des ali­ments, suit heure par heure l’évo­lu­tion de l’af­faire au mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture. Des oeufs conta­mi­nés au fi­pro­nil ont été importés en France. Quels sont les risques pour les consom­ma­teurs ?

FA­NY MO­LIN. Le fi­pro­nil est une mo­lé­cule bien connue et sa toxi­ci­té l’est aus­si. La pré­sence de traces de fi­pro­nil ne consti­tue pas en soi un risque. On es­time qu’il peut y avoir un risque à moyen ou long terme si l’on consomme ré­gu­liè­re­ment des pro­duits ayant un ni­veau im­por­tant de fi­pro­nil. Mais il n’y a pas de risque de s’em­poi­son­ner en man­geant une brioche qui en contien­drait des traces. Nous avons de­man­dé à l’Agence de sé­cu­ri­té sa­ni­taire d’es­ti­mer les risques réels pour les consom­ma­teurs en fonc­tion du ni­veau de conta­mi­na­tion du pro­duit qui en contien­drait. Des oeufs pro­duits en France sont-ils conta­mi­nés ? Le 28 juillet der­nier, un éle­vage du Pas-de-Ca­lais, en lien avec un four­nis­seur belge, a été pla­cé sous sur­veillance im­mé­dia­te­ment après le si­gna­le­ment par l’éle­veur de l’uti­li­sa­tion d’un pro­duit an­ti­pa­ra­si­taire conte­nant du fi­pro­nil. Au­cun oeuf is­su de cet éle­vage n’a été mis sur le mar­ché. Les ré­sul­tats des ana­lyses en cours se­ront connus à la fin de la se­maine. Nous avons de­man­dé aux pro­duc­teurs d’oeufs de vé­ri­fier leurs ap­pro­vi­sion­ne­ments et nous al­lons en­quê­ter au­près de l’en­semble des éle­vages de poules pon­deuses de France pour sa­voir si eux ou leur four­nis­seur ont uti­li­sé le pro­duit in­cri­mi­né. Qu’en est-il des 13 lots d’oeufs conta­mi­nés importés en France ? Ces 13 lots pro­viennent des Pays-Bas et ont été li­vrés à deux éta­blis­se­ments d’ovo­pro­duits ( NDLR : des pro­duits trans­for­més des­ti­nés à la consom­ma­tion

hu­maine ob­te­nus à par­tir d’oeufs) de la Vienne et de Maine-et-Loire, entre le 11 et le 26 juillet. Ces oeufs servent à la con­cep­tion de plats cui­si­nés et de pâ­tis­se­ries in­dus­trielles (brioches, gâ­teaux, etc.). Le pre­mier éta­blis­se­ment a re­çu 30 000 oeufs et le se­cond 200 tonnes. Ils ont stop­pé l’uti­li­sa­tion de ces oeufs et sont en train de me­ner une en­quête de tra­ça­bi­li­té pour iden­ti­fier les pro­duits concer­nés, leur des­ti­na­tion et si des pro­duits uti­li­sant des oeufs conta­mi­nés ont dé­jà été com­mer­cia­li­sés. C’est une en­quête de très grande am­pleur, as­sez com­pli­quée, car les éta­blis­se­ments de trans­for­ma­tion ont plu­sieurs four­nis­seurs, plu­sieurs re­cettes de plats ou pâ­tis­se­ries à base d’oeufs et plu­sieurs cir­cuits de com­mer­cia­li­sa­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.