LaCo­rée­duNord­ne­lâ­che­rien

Pas ques­tion de se lais­ser in­ti­mi­der ! Le ré­gime com­mu­niste ne dé­co­lère pas après les sanc­tions dé­ci­dées ce week-end par le Con­seil de sé­cu­ri­té de l’ONU pour qu’il mette un terme à son pro­gramme nu­cléaire.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

le jeu di­plo­ma­tique dans la pé­nin­sule co­réenne n’au­ra à ce point res­sem­blé à une par­tie de billard à trois bandes. Les nou­velles sanc­tions vo­tées ce week-end par le Con­seil de sé­cu­ri­té de l’ONU contre la Co­rée du Nord et le pro­gramme nu­cléaire qu’elle mène ma­nu mi­li­ta­ri ont fait ru­gir de co­lère son jeune lea­deur Kim Jong-un. Et pour cause : cette li­mi­ta­tion de ses ex­por­ta­tions de res­sources na­tu­relles pour­rait lui coû­ter 1 Md $ de re­ve­nus par an. Sans comp­ter les autres me­sures (em­bar­go, res­tric­tions com­mer­ciales, etc.) qui touchent dé­jà le pays. Car cette fois-ci la Chine, son prin­ci­pal al­lié et par­te­naire éco­no­mique, a pro­mis d’ap­pli­quer « à 100 % » la nou­velle ré­so­lu­tion adop­tée, à l’ini­tia­tive des Amé­ri­cains, par la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale. notre pro­gramme de dis­sua­sion nu­cléaire sur la table des né­go­cia­tions », mar­tèle aus­si le pe­tit Etat sta­li­nien qui s’est fait une spé­cia­li­té de dé­fier en per­ma­nence Do­nald Trump, comme il l’avait ré­gu­liè­re­ment fait avec Oba­ma. Pour faire bonne me­sure, le pays, sans doute le plus fer­mé au monde, a même me­na­cé les Etats-Unis de leur « faire payer le prix de leur crime un mil­lier de fois ».

Dans ce jeu à trois entre la Co­rée du Nord, les Etats-Unis et la Chine, c’est cette der­nière qui in­trigue le plus. Xi Jin­ping, l e n ° 1 d u p ays , s’est-il las­sé de cet al­lié de­ve­nu de plus en plus in­con­trô­lable, au risque de pro­vo­quer une ré­ac­tion tout aus­si im­pré­vi­sible du nou­veau pré­sident amé­ri­cain ? Il y a sans doute un peu de ce­la : Pé­kin, qui re­doute l’im­pul­si­vi­té de Trump, en­tend sans doute faire com­prendre à Kim Jon­gun qu’il ne faut plus ti­rer sur l’élas­tique, sans quoi la si­tua­tion pour­rait dé­gé­né­rer. D’ailleurs, le se­cré­taire d’Etat amé­ri­cain Rex Tiller­son a été très clair hier, ex­cluant toute re­prise du dia­logue avec la Co­rée du Nord tant qu’elle n’au­ra pas dé­ci­dé « d’ar­rê­ter ses tirs de mis­siles ».

Mais ce re­vi­re­ment chi­nois est fra­gile, et dé­pen­dra de ce qui se joue sur d’autres fronts où ses in­té­rêts sont en jeu. Les di­plo­mates du géant asia­tique, qui par­ti­cipent ac­tuel­le­ment aux Phi­lip­pines à un fo­rum de l’ASEAN (As­so­cia­tion des na­tions de l’Asie du Sud-Est) sur la sé­cu­ri­té, sont très sen­sibles à la tour­nure que prend un dos­sier stra­té­gique à leurs yeux : ce­lui de la mer de Chine mé­ri­dio­nale re­ven­di­quée par Pé­kin. Or l’ex­pan­sion­nisme de la Chine est dé­non­cé par les pays du pour­tour de cette mer mal­en­con­treu­se­ment dé­nom­mée (Viêt Nam, Ma­lai­sie, Bru­nei, Phi­lip­pines…). Mais éga­le­ment par le Ja­pon, et sur­tout les Etats-Unis, qui voient d’un très mau­vais oeil la mi­li­ta­ri­sa­tion en cours par Pé­kin dans le sud de cette zone ma­ri­time. Et ils l’ont fait sa­voir par com­mu­ni­qué, en re­gret­tant ce « si­gnal né­ga­tif » en­voyé à leur pays. De là à ce que l’em­pire du Mi­lieu, fâ­ché, n’ap­plique pas aus­si ri­gou­reu­se­ment qu’il le pro­met les sanc­tions contre Pyon­gyang…

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