OPÉ­RA­TION RECADRAGE ÀL’ÉLY­SÉE

Le gou­ver­ne­ment tra­verse un été com­pli­qué. Comment Em­ma­nuel Ma­cron pré­pare la ren­trée.

Le Parisien (Paris) - - FRONT PAGE - PAR AVA DJAMSHIDI, VA­LÉ­RIE HACOT ET PHI­LIPPE MARTINAT

« MA­CRON

est confron­té à une chute dans les son­dages. Et, comme tous ses pré­dé­ces­seurs, il sur­réa­git, alors que c’était écrit », s’étonne un vieux rou­tier de la po­li­tique qui connaît Une ren­trée char­gée en vue bien le pré­sident. A l’Ely­sée, l’eu­pho­rie des pre­mières se­maines a lais­sé la place à une am­biance plus ten­due. Hier soir, le pré­sident a convié ses mi­nistres et leurs conjoints à un dî n e r, un mo m e n t d e c o nv i - via­li­té avant le der­nier Conseil des mi­nistres, ce ma­tin, et la pause des va­cances. Mais, aus­si, une nou­velle illus­tra­tion du « ma­na­ge­ment » à la Ma­cron. « Il fai­sait dé­jà pa­reil à Ber­cy avec ses col­la­bo­ra­teurs », sou­ligne un conseiller. PRE­MIÈRE ÉCHÉANCE ÉLEC­TO­RALE Les der­nières se­maines n’ont pas été de tout re­pos. Entre couacs et flot­te­ments, le char de l’Etat a sem­blé par­fois brin­gue­ba­lé pour le plus grand plai­sir de l’op­po­si­tion. Et la ren­trée s’an­nonce spor­tive, entre la contes­ta­tion de la loi Tra­vail 2, les éco­no­mies an­non­cées pour res­ter dans les clous de Bruxelles ou en­core une grogne pos­sible des étu­diants re­mon­tés contre le coup de ra­bot sur les aides per­son­na­li­sées au lo­ge­ment. Sans comp­ter un bud­get 2018 — le pre­mier 100 % Ma­cron — où il fau­dra dé­ga­ger des mil­liards d’eu­ros d’éco­no­mies. Bref, des me­sures pas exac­te­ment po­pu­laires… En prime, l’exé­cu­tif se­ra confron­té à sa pre­mière échéance élec­to­rale, les sé­na­to­riales, qui pour­raient bien tour­ner au fias­co pour la Ré­pu­blique en marche.

Dans ce contexte, Em­ma­nuel Ma­cron ne veut pas lais­ser les choses lui échap­per. De­puis quelques se­maines, il pro­cède donc à des re­ca­drages mul­tiples. Au gou­ver­ne­ment, bien sûr, où les mi­nistres, ju­gés par­fois trop ti­mo­rés, sont som­més de pas­ser la se­conde. Mais aus­si à l’As­sem­blée, au sein du par­ti ou en­core dans l’ad­mi­nis­tra­tion (lire

ci-contre). Ma­cron, qui a choi­si de faire re­mon­ter à lui toutes les dé­ci­sions — en contra­dic­tion avec ce qu’il af­fir­mait pour­tant en dé­but de quin­quen­nat —, prend aus­si de gros risques. Voi­là cet hy­per­pré­sident en pre­mière ligne, à dé­cou­vert presque, sur tous les fronts. Eclip­sant son Pre­mier mi­nistre, le (trop ?) dis­cret Edouard Phi­lippe. Quitte à perdre un po­ten­tiel fu­sible si les nuages po­li­tiques de­vaient un jour vi­rer à l’orage.

Cons­cient qu’il doit ex­pli­quer aux Fran­çais son ac­tion — et en sou­li­gner les as­pects po­si­tifs, les baisses d’im­pôts pro­mises, par exemple —, le chef de l’Etat va sor­tir de son mu­tisme. Une in­ter­view est pro­gram­mée à la ren­trée. His­toire de res­ter en mou­ve­ment.

Em­ma­nuel Ma­cron pré­side au­jourd’hui le der­nier Conseil des mi­nistres avant les va­cances.

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