Mi­chel Mer­cier re­nonce au Conseil consti­tu­tion­nel

Le sé­na­teur cen­triste a re­non­cé à sié­ger par­mi les Sages. L’Ely­sée n’y se­rait pas pour rien.

Le Parisien (Paris) - - FRONT PAGE - PAR QUEN­TIN LAURENT (AVEC E.P.) CONSEIL CONSTI­TU­TION­NEL

JUS­QU’ENTOUTDÉBUT

de soi­rée, sa fiche Wi­ki­pé­dia af­fi­chait pour­tant dé­jà « membre du Conseil consti­tu­tion­nel ». Mais Mi­chel Mer­cier n’y met­tra fi­na­le­ment pas les pieds. Le sé­na­teur cen­triste du Rhône, qui avait été nom­mé par le pré­sident (LR) du Sé­nat, Gé­rard Lar­cher, pour sié­ger par­mi les Sages, a an­non­cé hier qu’il je­tait l’éponge. Une en­quête pré­li­mi­naire le concer­nant a été ou­verte le 2 août par le par­quet na­tio­nal fi­nan­cier (PNF) pour un éven­tuel « dé­tour­ne­ment de fonds pu­blics », après les ré­vé­la­tions du « Ca­nard en­chaî­né » sur les condi­tions d’em­ploi de ses filles, em­bau­chées comme as­sis­tantes par­le­men­taires. « Alors que ma no­mi­na­tion n’est pas dé­fi­ni­tive, et dans les condi­tions créées par l’ou­ver­ture de cette en­quête, je consi­dère au­jourd’hui que je ne pour­rai pas sié­ger avec la sé­ré­ni­té né­ces­saire au Conseil consti­tu­tion­nel », a dé­cla­ré hier Mi­chel Mer­cier dans un com­mu­ni­qué. TRÈS PROCHE DE BAY­ROU Sa no­mi­na­tion, dans ce contexte, n’avait pas man­qué de pro­vo­quer de nom­breux re­mous. Le Conseil consti­tu­tion­nel lui­même avait rap­pe­lé que cha­cun de ses membres a « pour obli­ga­tion gé­né­rale de s’abs­te­nir de tout ce qui pour­rait com­pro­mettre l’in­dé­pen­dance et la di­gni­té de ses fonc­tions ». Au point de re­froi­dir dé­fi­ni­ti­ve­ment le chef de l’Etat, de­vant le­quel chaque nou­veau Sage doit obli­ga­toi­re­ment prê­ter ser­ment avant de pou­voir sié­ger ? Se­lon « le Ca­nard en­chaî­né », Em­ma­nuel Ma­cron au­rait vo­lon­tai­re­ment choi­si de lais­ser traî­ner cette pres­ta­tion. His­toire de lais­ser tra­vailler les en­quê­teurs, voire d’in­vi­ter le cen­triste à re­con­si­dé­rer sa mu­ta­tion. « Le pré­sident ne se mêle pas d’une dé­ci­sion qui re­lève du Sé­nat », a ba­layé hier Chris­tophe Cas­ta­ner, porte-pa­role du gou­ver­ne­ment. Ma­cron n’a pour­tant pas dû être in­sen­sible à un énième po­ten­tiel couac tou­chant un al­lié du pou­voir, alors que le Par­le­ment doit vo­ter au­jourd’hui dé­fi­ni­ti­ve­ment la loi sur la mo­ra­li­sa­tion de la vie po­li­tique… com­pre­nant no­tam­ment l’in­ter­dic­tion des em­plois fa­mi­liaux, si mal per­çus dans l’opi­nion.

« La ques­tion, c’est tou­jours la même : à qui pro­fite le crime ? s’in­ter­roge de son cô­té un cadre du MoDem, dont Mer­cier est re­de­ve­nu membre. Peut-être faut-il re­gar­der du cô­té du Sé- nat… mais il y a ma­ni­fes­te­ment quel­qu’un qui ne veut pas qu’il y aille [au Conseil consti­tu­tion­nel]. » A moins que cette pro­mo­tion d’un très proche de Fran­çois Bay­rou ne soit l’oc­ca­sion de traî­ner à nou­veau dans la­pous­siè­re­le­nom­du­pa­tron­du MoDem, qui avait lui-même dû dé­mis­sion­ner­du­mi­nis­tè­re­de­la Jus­tice après l’ou­ver­ture d’une en­quête pour em­plois fic­tifs pré­su­més au sein de son par­ti.

Les en­quê­teurs de l’Of­fice cen­tral de lutte contre la cor­rup­tion conti­nuent en tout cas à tra­vailler sur le dossier Mer­cier.

Si Gé­rard Lar­cher (qui de­vra pro­po­ser un autre can­di­dat) avait re­fu­sé de les lais­ser per­qui­si­tion­ner au Sé­nat, les do­cu­ments concer­nés de­vaient, se­lon nos in­for­ma­tions, leur par­ve­nir — en­fin — hier soir.

JE CONSI­DÈRE AU­JOURD’HUI QUE JE NE POUR­RAI PAS SIÉ­GER AVEC LA SÉ­RÉ­NI­TÉ NÉ­CES­SAIRE ” MI­CHEL MER­CIER

Une en­quête pré­li­mi­naire concer­nant Mi­chel Mer­cier a été ou­verte le 2 août pour « dé­tour­ne­ment de fonds pu­blics », après les ré­vé­la­tions sur les condi­tions d’em­ploi de ses filles.

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