« Les der­niers Con­seils des mi­nistres ont été as­sez ten­dus »

Un proche du chef de l’Etat

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - A.D. ET V.H.

« JE SAIS

que ça va être dur. » Cette phrase, Em­ma­nuel Ma­cron a pris l’ha­bi­tude de la pro­non­cer à chaque Conseil des mi­nistres. Ce ma­tin, pour la der­nière réunion du gou­ver­ne­ment avant les va­cances, elle pour­rait prendre une ré­so­nance par­ti­cu­lière, à l’heure où le quin­quen­nat tra­verse sa pre­mière zone de tur­bu­lence.

De­puis son en­trée en fonc­tions, le pré­sident a en tout cas bous­cu­lé ce ren­dez-vous in­con­tour­nable de l’exer­cice de l’Etat. « C’est dif­fé­rent de tout ce que j’ai vu dans les gou­ver­ne­ments pré­cé­dents », constate un conseiller à la longue ex­pé­rience mi­nis­té­rielle. Certes, les usages sont pré­ser­vés — vou­voie­ment et so­len­ni­té de ri­gueur —, mais pour le reste…

LE CHEF DE L’ÉTAT EST « AS­SEZ CASH »

« C’est tou­jours un mo­ment très for­mel. On s’y in­ter­pelle par son titre et sa qua­li­té, mais c’est en même temps très libre », ra­conte un mi­nistre. L’ordre du jour a en ef­fet été mo­di­fié et une nou­velle par­tie a fait son ap­pa­ri­tion, la « par­tie D », celle du­rant la­quelle les mi­nistres échangent sur un su­jet choi­si. « Tout le monde donne son avis. La place de la pa­role est vrai­ment im­por­tante, ra­conte un par­ti­ci­pant. Il n’y a pas tel­le­ment de co­lo­ra­tion droite ou gauche, de cli­vages po­li­tiques éta­blis. » La mé­thode Ma­cron en somme. « Sar­ko­zy était beau­coup plus di­rec­tif, com­pare un conseiller qui a connu les deux écoles. Lui, il laisse par­ler tout le monde, par­fois trop de monde. On n’a ja­mais fi­ni avant 12 h 30 et ce­la dure par­fois jus­qu’à 13 heures-13 h 30. »

La prise de pa­role a beau être libre et le pré­sident à l’écoute, ce­la ne l’em­pêche pas de pro­fi­ter de l’oc­ca­sion pour re­ca­drer ses mi­nistres : « Les der­niers Con­seils ont été as­sez ten­dus. Et vu qu’Em­ma­nuel Ma­cron est as­sez cash… », s’amuse un fa­mi­lier du chef de l’Etat. « Le Ca­nard en­chaî­né » rap­por­tait ain­si que le pré­sident y a qua­li­fié de « conne­rie sans nom » le coup de ra­bot im­po­sé à l’aide per­son­na­li­sée au lo­ge­ment (APL), ou qu’il se se­rait aga­cé de la fai­blesse de ses mi­nistres face à l’ad­mi­nis­tra­tion… « Il ne dis­tri­bue pas des claques en Conseil des mi­nistres. S’il a quelque chose à dire à un mi­nistre, il lui en parle di­rec­te­ment », mi­nore tou­te­fois Chris­tophe Cas­ta­ner, le mi­nistre des Re­la­tions avec le Par­le­ment et por­te­pa­role du gou­ver­ne­ment. Tout en concé­dant : « Il lui est ar­ri­vé une ou deux fois de s’adres­ser di­rec­te­ment à tel ou tel, mais, en gé­né­ral, il donne un sens glo­bal à son pro­pos. Il nous dit de nous pro­je­ter sur les cinq pro­chaines an­nées », as­sure ce fi­dèle du chef de l’Etat. Se pro­je­ter dans cinq ans ? Pas si simple pour des mi­nistres qui savent d’ores et dé­jà que leur ac­tion se­ra éva­luée tous les six mois par le pré­sident de la Ré­pu­blique…

LE PRÉ­SIDENT, IL LAISSE PAR­LER TOUT LE MONDE,

MONDE” PAR­FOIS TROP DE UN CONSEILLER

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