Les cas­se­ries fran­çaises s’es­timent ber­nées

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE -

les deux pre­mières cas­se­ries (uni­tés de trans­for­ma­tion des oeufs en li­quide ou en poudre) fran­çaises dont les noms se re­trouvent as­so­ciés à l’af­faire des oeufs conta­mi­nés, fai­saient pro­fil bas. « Nous su­bis­sons une si­tua­tion dont nous ne sommes pas res­pon­sables. Nous n’avions pas connais­sance de la non-confor­mi­té de ces mar­chan­dises », dé­cla­rait dans un com­mu­ni­qué, Ludovic Jus­teau, le di­rec­teur d’Igre­ca, près d’An­gers (Maine-et-Loire). « Nous sommes pla­cés sous sur­veillance du mi­nis­tère et nous com­mu­ni­que­rons plus tard », lâche au té­lé­phone, un por­te­pa­ro­le­de­laSa­mo.

Rien ne pré­des­ti­nait ces deux usi­nesà­cet­te­sou­dai­ne­pu­bli­ci­té, elles qui cassent ha­bi­tuel­le­ment leurs oeufs en toute dis­cré­tion. La­pre­mière,Igre­ca,se­pro­clame lea­deur mon­dial dans les ovo­pro­duits de­puis 1947 et tra­vaille no­tam­ment­pour­la­coo­pé­ra­tive Ter­re­na (Doux, Père Do­du, Gamm­vert)etex­por­te­se­soeufs li­qui­de­sen­bi­don­vers­leJa­pon.

La deuxième, la Sa­mo, est da­van­tage cen­trée sur la France. De­puis Mi­re­beau (Vienne), elle vend ses oeufs bat­tus de­puis 1992 à des marques comme Lu, Lus­tu­cru, Nest­lé ou les brioches Pas­quier. De­vant leurs portes s’ar­rêtent nuit et jour des se­mi-re­morques en pro­ve­nance de France, d’Ita­lie, d’Al­le­magne ou des Pays-Bas, les quatre pre­miers pro­duc­teurs eu­ro­péens d’oeufs.

Dans leurs sites in­dus­triels, les sa­la­riés sont peu nom­breux (une cen­taine chez Igre­ca, une ving­taine à la Sa­mo) mais des ma­chines brisent et battent chaque jour des mil­lions d’oeufs. « L’ovo­pro­duit est un pro­duit in­dus­triel très na­tu­rel, pas­dan­ge­reux,quien­tre­dans­la fa­bri­ca­tion de nom­breux pro­duits et est uti­li­sé dans les can­tines pour faire des ome­lettes. Il vé­hi­cule moins de bac­té­ries que les oeufs co­quille », dé­fend Ch­ris­tian Ma­di­rov, membre du conseil fran­çais de l’avi­cul­ture lié à la FNSEA, le pre­mier syn­di­cat agri­cole fran­çais.

Si Igre­ca et la Sa­mo se four­nissent par­fois en Hol­lande, ce n’est pas tant à cause du prix (lé­gè­re­ment plus bas aux Pays-Bas où l’oeuf coûte en­vi­ron 0,10 €, contre 0,12 € en France) que « par le jeu na­tu­rel de l’offre et la de­mande », pré­cise Ch­ris­tian Ma­di­rov.

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