Coup­de­fo­lieou­ter­ro­risme ?

Les res­pon­sables de la mos­quée de Cré­teil, où un homme en voi­ture avait ten­té de fon­cer sur des fi­dèles, contestent la dé­ci­sion de la jus­tice, qui n’a pas re­te­nu l’acte ter­ro­riste.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS -

a lais­sé des traces. Le 29 juin, un drame était évi­té de jus­tesse de­vant la mos­quée de Cré­teil (Val-de-Marne). En fin d’après-mi­di, à l’heure de la sor­tie de la prière, un au­to­mo­bi­liste a ten­té de fon­cer en 4 x 4 sur les fi­dèles. Par chance, plots et bar­rières de pro­tec­tion ont frei­né sa course. Le vé­hi­cule, dont le conduc­teur a été in­ter­pel­lé, a fi­ni son em­bar­dée sans faire de bles­sé.

Le par­quet de Cré­teil a ou­vert une en­quête pour ten­ta­tive de meurtre en rai­son de l’ap­par­te­nance sup­po­sée des vic­times à une re­li­gion et dé­gra­da­tions vo­lon­taires de biens pri­vés. Or les res­pon­sables de la mos­quée se de­mandent pour­quoi les in­ves­ti­ga­tions n’ont pas été confiées au par­quet an­ti­ter­ro­riste.

Le 12 juillet, ils ont adres­sé une plainte au pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Pa­ris afin d’ob­te­nir la re­qua­li­fi­ca­tion des faits. Une re­quête re­je­tée, le par­quet de Pa­ris es­ti­mant, dans un cour­rier du 19 juillet que nous nous sommes pro­cu­ré, « que le ca­rac­tère ter- ro­riste des faits n’était pas éta­bli à ce stade ». Dans cette plainte dé­po­sée par l’Union des as­so­cia­tions mu­sul­manes de Cré­teil et­deux­de­ses­membres,les­res­pon­sables du lieu de culte pré­cisent que, se­lon les in­for­ma­tions com­mu­ni­quées à la presse, le conduc­teur « au­rait in­di­qué vou­loir ven­ger le Ba­ta­clan et les Champs-Ely­sées ». Souf­frant de pro­blèmes psy­chia­triques, Ba­bayan T. a été in­ter­né dans un hô­pi­tal psy­chia­trique. L’ar­ticle 421-1 du Code pé­nal dit que les in­frac­tions « consti­tuent des actes de ter­ro­risme lors­qu’elles sont in­ten­tion­nel­le­ment en re­la­tion avec une en­tre­prise in­di­vi­duelle ou col­lec­tive ayant pour but de trou­bler gra­ve­ment l’ordre pu­blic par l’in­ti­mi­da­tion ou la ter­reur ».

« Or, en fai­sant ré­fé­rence à deux at­ten­tats re­ven­di­qués par l’Etat is­la­mique, M. Ba­bayan T. fait un lien entre ses actes et des actes ter­ro­ristes aux­quels il sou­hai­te­rait ré­pondre », ar­gu­mente quet de Pa­ris rap­pelle que « l’au­teur pré­su­mé […] ne jouit pas de toutes ses fa­cul­tés men­tales. Lors de son au­di­tion, il n’a à au­cun mo­ment évo­qué un acte mo­ti­vé par des consi­dé­ra­tions ter­ro­ristes mais, de fa­çon peu co­hé­rente, une co­lère liée à la sup­po­sée pro­fa­na­tion d’un mo­nu­ment com­mé­mo­rant le gé­no­cide ar­mé­nien, proche de la mos­quée », ar­gu­mente sur­tout le par­quet.

Ce l a n’a p a s c o nva i n c u Me Bouz­rou. « Le fait que M. Ba­bayan T. ait fait ré­fé­rence au gé­no­cide ar­mé­nien cor­ro­bore l’af­fir­ma­tion se­lon la­quelle les faits ont été com­mis en rai­son de l’ap­par­te­nance sup­po­sée des vic­times à la re­li­gion mu­sul­mane, mais éga­le­ment l’af­fir­ma­tion se­lon la­quelle ces faits consti­tuent un acte vi­sant à in­ti­mi­der ou ter­ro­ri­ser les per­sonnes de confes­sion mu­sul­mane », ar­gu­mente-t-il dans un cour­rier au par­quet gé­né­ral. L’avo­cat a dé­po­sé un re­cours contre le clas­se­ment sans suite de sa plainte.

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