Plon­gée dé­coif­fante chez les coif­feurs afros

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS | CINÉMA & CULTURA -

film n’est pas un do­cu­men­taire, mais c’est son dé­cor ul­tra­réa­liste qui fait de « la Vie de châ­teau » une co­mé­die aus­si sa­vou­reuse. Si­gnée Mo­di Bar­ry et Cé­dric Ido, Pa­ri­siens de 45 et 35 ans, ce long-mé­trage nous plonge dans un uni­vers fas­ci­nant : ce­lui des coif­feurs afros de Châ­teau-d’Eau (Pa­ris Xe). Il suf­fit d’être pas­sé une fois dans ce quar­tier pour avoir re­mar­qué ces di­zaines de jeunes qui ra­colent à la sor­tie du mé­tro. Et four­nissent en clients — prin­ci­pa­le­ment des femmes noires — les quelque cin­quante sa­lons si­tués entre la gare de l’Est et le mé­tro Stras­bourg-Saint-De­nis.

Le per­son­nage prin­ci­pal de « la Vie de châ­teau » est jus­te­ment le chef d’un groupe de ra­bat­teurs. In­ter­pré­té par Ja­cky Ido (« In­glou­rious Bas­terds », « Taxi Broo- klyn »…), ce dan­dy cha­ris­ma­tique rêve d’ache­ter un sa­lon qui pé­ri­clite. Mais il va de­voir af­fron­ter un ami ja­loux et le dé­bar­que­ment sur le bou­le­vard d’un ra­co­leur aux mé­thodes agres­sives… A tra­vers ces in­trigues me­nées avec jus­tesse et hu­mour, on dé­couvre la fa­çon dont les ra­bat­teurs se par­tagent le ter­ri­toire ou la me­nace consti­tuée par l’ar­ri­vée des Chi­nois et des bo­bos dans le quar­tier. « C’est notre an­cien pro­duc­teur qui nous a don­né l’idée de réa­li­ser un film ici, ra­conte Mo­di Bar­ry. Aus­tra­lien, il trou­vait l’am­biance très exo­tique. On s’est dit que Châ­teau-d’Eau fe­rait un bon dé­cor de po­lar. » En étant in­tro­duits par des « cou­sins » qui fré­quentent ce car­re­four, les réa­li­sa­teurs ont fi­na­le­ment op­té pour une co­mé­die. « C’est un bu­si­ness or­ga­ni­sé, pour­suit Mo­di Bar­ry. Il y a des pe­tites embrouilles, mais pas de cri­mi­na­li­té. Et on a trou­vé les ra­bat­teurs si mar­rants qu’on trou­vait le vau­de­ville plus ap­pro­prié. »

« La Vie de châ­teau » a été tour­né l’été der­nier dans un sa­lon du bou­le­vard de Stras­bourg et dans la rue, au mi­lieu des quelque 150 vrais ra­bat­teurs. « C’est un mé­tier dif­fi­cile, pré­cise Cé­dric Ido. Les mecs tra­vaillent douze heures par jour pour 400 € par mois en moyenne… » Tout en fan­tas­mant sur une im­pro­bable « vie de châ­teau ».

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