Le cam­ping le moins cher de France

Syl­vain et sa fa­mille vont pas­ser dix jours à 50 km de chez eux au pied des Vosges, dans le cam­ping le moins cher de France. Un éta­blis­se­ment qui fête ses 10 ans.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT PHI­LIPPE SAU­TER À MÉLISEY (HAUTE-SAÔNE)

AU PIED DES VOSGES, tout près des Mille-Etangs, su­perbe site qui doit son nom aux nom­breux points d’eau qui le par­sèment, le cam­ping de la Bergereine n’est pas loin d’af­fi­cher com­plet. « Ce se­ra le cas la se­maine pro­chaine. On n’ar­rête pas, mais on est contents. C’est la pre­mière fois qu’on a au­tant de monde. »

Gégé, le pa­tron de la qua­ran­taine d’em­pla­ce­ments, an­cien cariste chez Peu­geot à So­chaux (Doubs), connaît les rai­sons du suc­cès de son cam­ping qui n’a pour­tant qu’une étoile : chaque adulte paie seule­ment 5 € par jour, et c’est gra­tuit pour les en­fants. A ce prix, on peut même dis­po­ser d’une ca­ra­vane mise à votre dis­po­si­tion. Il faut sim­ple­ment ajou­ter 2 € par jour pour l’élec­tri­ci­té et 20 cen­times pour la taxe de sé­jour. Au bar, les prix ne dé­collent guère da­van­tage : les bois­sons sont toutes à 1 €. Im­bat­table !

« On a été clas­sé cam­ping le moins cher de France et, dix ans après notre ar­ri­vée, c’est tou­jours vrai. Je n’aug­mente pas, je n’aug­men­te­rai ja­mais ! Moi, je suis is­su d’une fa­mille d’ou­vriers. Quand j’étais pe­tit, on ne pou­vait pas par­tir en va­cances. Ce lieu a été fait pour ceux qui ne peuvent pas se payer de va­cances et pour don­ner du bon­heur aux gens. Ce n’est pas pour faire de l’ar­gent. »

De­vant la ca­ra­vane qu’ils oc­cupent, Syl­vain et Au­rore Creu­zot et leurs trois en­fants ont fait une cin­quan­taine de ki­lo­mètres pour ve­nir pas­ser dix jours à Mélisey. « Ce n’est pas com­pli­qué, ex­plique Syl­vain, char­pen­tier près de Ve­soul : on paie 120 € nos va­cances ici. Si l’on était des­cen­dus dans le Mi­di, mê- me dans un pe­tit cam­ping, ça nous au­rait coû­té dix fois plus cher. » Au pro­gramme de la fa­mille : ran­don­nées ou ba­lades à VTT dans le sec­teur des Mille-Etangs, en­tre­cou­pés de far­niente. TOUT LE MONDE PAR­TI­CIPE Pro­pret, le cam­ping dis­pose aus­si d’un pe­tit res­tau­rant et de sa­ni­taires bien en­tre­te­nus. « Le prin­cipe, c’est d’être tous res­pon­sables, ex­plique Ka­tie, qui vient chaque an­née de­puis les dé­buts du cam­ping. On net­toie nos douches, on aide quand on peut. » Par­fois, les va­can­ciers de pas­sage pour une nuit sont un peu sur­pris. « On a eu des Belges qui sont ar­ri­vés avec un cam­ping-car de mil­lion­naire. Ils ne com­pre­naient pas que l’on paie si peu cher. Je crois qu’ils se sont beau­coup amu­sés et ont pro­mis de re­ve­nir. »

A l’in­verse, Gégé ne le cache pas : des cas trop dif­fi­ciles sont par­fois ex­pul­sés. « Les gens qui n’ont pas d’ar­gent sont les bien­ve­nus, mais cha­cun doit res­pec­ter les règles. » Le cam­ping de la Bergereine ouvre au rythme des sai­sons à dates in­dé­ter­mi­nées : « Quand les ge­lées s’en vont en avril, on ouvre. Quand elles ar­rivent en oc­tobre, on ferme. A la fin de la sai­son, les caisses ne sont ja­mais très pleines, mais on a des sou­ve­nirs qui sont in­es­ti­mables. »

CE LIEU A ÉTÉ FAIT POUR CEUX QUI NE PEUVENT PAS SE PAYER DE VA­CANCES ET POUR DON­NER DU BON­HEUR

GENS” AUX GÉGÉ, LE PA­TRON DU CAM­PING LA BERGEREINE

Cam­ping la Bergereine, 17 bis, route des Vosges, à Mélisey (Haute-Saône). Ren­sei­gne­ments et ré­ser­va­tions sur Cam­pin­gla­ber­ge­reine. web­node.fr.

Mélisey (Haute-Saône), hier. Au pro­gramme des va­cances de Syl­vain et Au­rore Creu­zot et leurs trois en­fants, ran­don­nées à VTT et ba­lades, sans ou­blier de longs mo­ments de far­niente.

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