Jus­qu’oùi­ra la­su­ren­chère ?

L’es­ca­lade ver­bale entre Trump et le dic­ta­teur Kin Jong-un fait craindre un risque de conflit qui in­quiète la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

a ren­ché­ri peu après en se di­sant prêt à ti­rer des mis­siles sur l’île de Guam, un ter­ri­toire stra­té­gique dans le Pa­ci­fique où les Etats-Unis dis­posent de deux bases mi­li­taires, aé­rienne et na­vale. Hier, le nu­mé­ro un amé­ri­cain a ri­pos­té en twee­tant que l’ar­se­nal nu­cléaire des EtatsU­nis est « plus fort et plus puis­sant que ja­mais au­pa­ra­vant ». Cette es­ca­lade ver­bale a pro­vo­qué des ré­ac­tions in­quiètes dans plu­sieurs ca­pi­tales. A Pa­ris, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, le por­te­pa­role du gou­ver­ne­ment, in­dique que la France re­garde « avec pré­oc­cu­pa­tion » cette crise et pro­pose ses « bons of­fices » pour trou­ver une « so­lu­tion pa­ci­fiée ». Même to­na­li­té de l’autre cô­té du Rhin. « La voie mi­li­taire ne peut être une so­lu­tion », sou- ligne Mar­tin Schä­fer, le por­te­pa­role du mi­nis­tère al­le­mand des Af­faires étran­gères. Pé­kin, prin­ci­pal al­lié de Pyon­gyang (mais qui n’a pas mis son ve­to lors du vote des der­nières sanc­tions de l’ONU contre le ré­gime de Kim Jong-un), a ap­pe­lé à « évi­ter les pa­roles et ac­tions sus­cep­tibles d’ag­gra­ver la si­tua­tion ». Le ré­sul­tat de cette es­ca­lade a été de faire chu­ter hier les bourses eu­ro­péennes. Après les deux tirs de mis­siles ba­lis­tiques réa­li­sés par Pyon­gyang en juillet, les ex­perts ont ré­vi­sé à la hausse la dan­ge­ro­si­té de cet Etat. Le « Wa­shing­ton Post » a fait état d’un rap­port des ren­sei­gne­ments amé­ri­cains éva­luant à 60 armes nu­cléaires l’ar­se­nal nord-co­réen. Sieg­fried He­cker, un ex­pert nu­cléaire à l’uni­ver­si­té amé­ri­caine Stan­ford, es­time ce­pen­dant qu’il fau­dra en­core cinq ans aux Co­réens avant de pou­voir réel­le­ment vé­hi­cu­ler sur des mis­siles ba­lis­tiques in­ter­con­ti­nen­taux des ogives nu­cléaires suf­fi­sam­ment mi­nia­tu­ri­sées.

Le rap­port de force entre la Co­rée du Nord et les Etats-Unis est de toute fa­çon to­ta­le­ment dis­pro­por­tion­né en fa­veur de Wa­shing­ton. Et le coût po­li­tique d’une guerre avec l’Etat asia­tique est ju­gé exor­bi­tant aux Etats-Unis même. Reste que le ca­rac­tère im­pré­vi­sible de Trump laisse pla­ner une in­ter­ro­ga­tion. Plu­sieurs com­men­ta­teurs pointent l’er­reur du pré­sident amé­ri­cain de s’être lais­sé en­traî­ner dans cette es­ca­lade. « Vou­loir sur­en­ché­rir avec la Co­rée du Nord en ma­tière de me­naces, c’est comme vou­loir sur­en­ché­rir avec le pape en ma­tière de prières », a twee­té John De­lu­ry, pro­fes­seur à l’uni­ver­si­té de Séoul.

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