L’in­dé­si­ra­ble­ca­bi­net­du­doc­teurLaine

Mé­de­cin de campagne, Pa­trick Laine est al­lé jus­qu’à pro­po­ser gra­tui­te­ment son ca­bi­net sur Le­bon­coin.fr pour trou­ver un suc­ces­seur. En vain.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - FLORENCEMÉRÉO

le doc­teur Pa­trick Laine ne prend pas de va­cances. Il s’en est ac­cor­dé en juin… pour se faire opé­rer d’une her­nie dis­cale et re­pren­dra quelques jours en septembre. Pour étu­dier. A 67 ans, le mé­de­cin de Saul­not, vil­lage de 800 âmes en Hau­teSaône, sui­vra une for­ma­tion « pour avoir le droit d’être maître de stage et ain­si ren­con­trer de jeunes pro­fils. C’est ma der­nière chance de trou­ver mon rem­pla­çant », lance le doc­teur.

Voi­là trente-cinq ans que ce gé­né­ra­liste en­joué a po­sé son sté­tho­scope dans ce vil­lage près de Bel­fort. De­puis deux ans, il de­vrait cou­ler des jours heu­reux en re­traite mais, faute de suc­ces­seur, Pa­trick Laine ne s’y ré­sout pas : « L’idée d’aban­don­ner ain­si mes pa­tients m’est in­sup­por­table. » Après avoir cher­ché un re­pre­neur, le sexa­gé­naire avait fait grand bruit en mars 2016 en met­tant une an­nonce sur Le­bon­coin.fr. Il y pro­po­sait de cé­der gra­tui­te­ment son ca­bi­net de 300 m2. « Je donne tout : mo­bi­lier, ma­té­riel mé­di­cal, in­for­ma­tique, pa­tien­tèle », nous confiait-il alors. ob­te­nir une équi­va­lence. Si­non, il y a eu zé­ro can­di­dat ! Nous sommes dans un fos­sé », ré­pète ce­lui qui par­court heb­do­ma­dai­re­ment 500 km. Cette se­maine en­core, il était sol­li­ci­té les soirs jus­qu’à 20 heures. « Oui, il y a des contraintes, mais ce bou­lot, c’est une grande bouf­fée de vie », dit-il d’une voix qui s’ac­cé­lère.

Au dé­but, Pa­trick Laine ne com­pre­nait pas que des jeunes di­plô­més boudent un ca­bi­net of­fert sur un pla­teau. « Mais on leur a trans­mis l’idée que la mé­de­cine gé­né­rale était un pa­rent pauvre. Pour les at­ti­rer, il faut élar­gir les pos­si­bi­li­tés des mé­de­cins de campagne aux frot­tis, aux in­fil­tra­tions lé­gères… Qu’ils ne soient pas dans une rou­tine sai­son­nière », pro­pose-t-il. Et les in­ci­ta­tions fi­nan­cières, type prime d’ins­tal­la­tion, pour lut­ter contre la dé­ser­ti­fi­ca­tion ? « Je n’y crois pas. L’ac­ti­vi­té est là. Pour­quoi pas tes­ter l’obli­ga­tion, pen­dant un an ? Après avoir vé­cu l’ex­pé­rience, il y a bien un

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