Ste­phen King pour les nuls : pas si mal !

Le film adap­té de sa sa­ga sim­pli­fie l’in­trigue avec ef­fi­ca­ci­té.

Le Parisien (Paris) - - LOIRS -

consi­dère que c’est son grand oeuvre. Huit volumes pu­bliés, et d’in­nom­brables ré­fé­rences aux livres et per­son­nages qu’il a créés au cours de sa longue car­rière font du cycle de « la Tour sombre » une sa­ga dé­me­su­rée, qui conte une lutte im­mé­mo­riale du Bien contre le Mal. Son pre­mier vo­let est sor­ti hier en France. Pas sûr tou­te­fois qu’il connaisse des hé­ri­tiers, tant les cri­tiques amé­ri­cains se sont mon­trés in­cen­diaires et vu les scores moyens en­re­gis­trés ou­treAt­lan­tique lors de son pre­mier wee­kend d’ex­ploi­ta­tion : à peine 19 M$ de re­cettes pour un bud­get de 60.

Pour­tant, le film, qui n’a pas été mon­tré à la presse dans notre pays et que nous avons donc vu hier ma­tin à Pa­ris, ne dé­mé­rite pas. Etran­ge­ment, le hé­ros de King, Ro­land, un pis­to­lé­ro qui vit sur un monde pa­ral­lèle res­sem­blant à notre Far West, n’est ici qu’un per­son­nage se­con­daire, lais­sant la ve­dette à un des per­son­nages prin­ci­paux de la sa­ga lit­té­raire, Jake, un pré­ado. Ce­lui-ci, qui vit à New York de nos jours, rêve ré­gu­liè­re­ment d’une tour sombre si­tuée au centre de l’uni­vers, que des êtres mé­chants em­me­nés par un puis­sant sor­cier tentent d’abattre afin d’éta­blir un règne de té­nèbres. Il va croi­ser la route de Ro­land, in­car­né par Idris El­ba, mais aus­si celle du ter­ri­fiant ma­gi­cien Wal­ter, joué par Mat­thew McCo­nau­ghey en grande forme.

Clai­re­ment, le film a pris dans les livres ce qui l’ar­range, au risque de faire hur­ler les fans, afin de construire une his­toire plus simple, com­pré­hen­sible pour les non-ini­tiés à Ste­phen King. En ce­la, le long-mé­trage est plu­tôt réus­si et sans temps morts, mais aus­si sans grande ori­gi­na­li­té. Les ama­teurs de l’écri­vain, qui ar­ri­ve­ront quand­mê­meà­trou­ver­des­ré­fé­rences à leurs oeuvres pré­fé­rées (de « Shi­ning » à « Ça »), se conso­le­ront en pen­sant qu’il ne s’agit là, peut-être, que d’un épi­sode d’in­tro­duc­tion. Avis par­ta­gés en tout cas hier, à la sor­tie de la séance de 11 h 5 de l’UGC des Halles. « Je suis un gros fan, j’ai lu toute la sa­ga et j’ai ado­ré. Il y a un gros tra­vail de ré­adap­ta­tion, mais on re­trouve les prin­ci­pales lignes de l’his­toire », as­sure Yo­hann, ve­nu avec son amie Dé­si­rée. Lu­cas, lui, s’est car­ré­ment en­dor­mi, alors qu’il est ama­teur de fan­tas­tique. « Je suis ve­nu pour Mat­thew McCo­nau­ghey, qui fait son bou­lot. Mais je ne comprends pas l’in­té­rêt de ce film, plein d’idées qui ne vont pas jus­qu’au bout. » « La Tour sombre »,

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