AU FIL DE L’ÉTÉ

A Cour­seul­les­sur-Mer, on rend hom­mage en musique aux sol­dats ca­na­diens qui ont dé­bar­qué en 1944 et à la culture aca­dienne.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL CHARLES DELOUCHE BERTOLASI À COURSEULLES-SUR-MER (CALVADOS)

A Courseulles-sur-Mer, Na­ta­sha St-Pier chante les Acadiens Au pays des fon­taines en Lor­raine Il a bluf­fé les as du po­ker Re­trou­vez nos pages jeux

ICI, les dra­peaux tri­co­lores sont frap­pés d’une étoile jaune. L’étoile de Ma­rie, le sym­bole de l’Aca­die. De­puis 2006, la Côte de Nacre se pare aux cou­leurs de cette terre fran­co­phone ca­na­dienne. Vous avez dit Aca­die ? Un rap­pel his­to­rique s’im­pose. Le 6 juin 1944, les forces al­liées dé­barquent sur les plages nor­mandes. Aux cô­tés des Amé­ri­cains, des An­glais, des Fran­çais et des Belges, les Ca­na­diens ont eu la lourde tâche de prendre d’as­saut Ju­no Beach. Pour les Acadiens, des­cen­dants de Fran­çais par­tis vers le Nou­veau Monde au XVIIe siècle, cette opé­ra­tion mi- li­taire était aus­si un re­tour sur la terre de leurs an­cêtres. La Se­maine aca­dienne, à Courseulles-sur-Mer, rend hom­mage à cette culture.

De­vant le Pa­ra­dis des en­fants, le ma­nège en face du port, une dé­mons­tra­tion de danse at­tire les cu­rieux et les ap­pren­tis dan­seurs. Sous les ordres de Fan­fan, la me­neuse de troupe, on danse au rythme des clas­siques de la coun­try.

Sou­ve­nirs éter­nels

Pour Clau­dine, re­trai­tée et bé­né­vole de­puis dix ans pour le fes­ti­val, la Se­maine aca­dienne, c’est avant tout un de­voir de mé­moire. « J’ai en­core en moi le sou­ve­nir des sol­dats ca­na­diens qui ont dé­bar­qué sur nos plages et qui nous ont sau­vés. Ils ont payé de leur vie et nous sommes éter­nel­le­ment re­con­nais­sants », re­con­naît la vieille dame. « Plus le temps passe, plus il est né­ces­saire de sa­voir à quel prix on est libres. »

De­vant le gym­nase, une file d’at­tente mas­sive se forme. Va­lé­rie, ve­nue de Bor­deaux pas­ser un sé­jour sur la Côte de Nacre, est une fan in­vé­té­rée de Na­ta­sha St-Pier. La chan­teuse ca­na­dienne — et aca­dienne — monte sur scène de­vant mille per­sonnes dé­jà conquises. Les plus mo­ti­vés n’hé­sitent pas à mon­ter sur les chaises et à dan­ser aux sons d’« Un ange frappe à ma porte » ou en­core « Tous les Acadiens ». Le fes­ti­val est lan­cé. Pour Ar­naud Blin, le fon­da­teur, cette édi­tion dé­bute bien. « Il y a beau­coup de monde, on peut dé­jà dire que c’est un suc­cès. La confé­rence au­tour de l’his­toire de l’Aca­die de cet après-mi­di af­fi­chait com­plet. Et avec Na­ta­sha St­Pier, il y a bien sûr en­core plus de monde. C’est fi­na­le­ment as­sez éton­nant qu’elle vienne ici, mais je pense qu’elle a com­pris que c’était im­por­tant, et l’Aca­die lui tient par­ti­cu­liè­re­ment à coeur, vu qu’elle est née au Nou­veau-Bruns­wick. »

En 2015, la star fran­co­phone a sor­ti son der­nier al­bum, in­ti­tu­lé « Mon Aca­die », et re­prend les plus belles chan­sons po­pu­laires de sa terre na­tale. De ce cô­té-ci de l’At­lan­tique, « des tas de gars et des tas de femmes » ont dan­sé, eux aus­si, sur ces re­frains joyeux.

Courseulles-sur-Mer (Calvados), mer­cre­di. Jus­qu’au 15 août, les vil­lages du Dé­bar­que­ment rendent hom­mage à la culture des Ca­na­diens, et no­tam­ment à la musique coun­try.

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