« Au moins, je ne suis pas dé­pay­sé »

Un Ecos­sais en va­cances à Pa­ris, com­mente la mé­téo.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

is co­ming… », ras­su­rait-on der­rière le comp­toir du Pa­name Bre­wing Com­pa­ny, à l’in­ten­tion d’un tou­riste an­glo­saxon. Dans cette bras­se­rie ar­ti­sa­nale du XIXe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, avec vue sur le ca­nal de l’Ourcq et le bas­sin de la Villette, un tiers du bar et du res­tau­rant étaient oc­cu­pés hier à mi­di. Et les ani­ma­tions phares de Pa­ris­Plages, sur le quai de la Loire, dé­sertes. Nor­mal, de­hors c’est le dé­luge, et le ther­mo­mètre in­dique la tem­pé­ra­ture au­tom­nale de 17 « On va at­tendre un peu avant de sor­tir de la voi­ture pour al­ler dé­jeu­ner », ri­gole Louis, ve­nu de Pan­tin (Seine-Saint-De­nis) avec sa com­pagne Em­ma, coin­cé dans l’ha­bi­tacle de sa Re­nault par les pluies tor­ren­tielles. Celle-ci s’étonne : « Je ne pen­sais pas mettre mes Doc un 10 août. » Et leurs se­melles épaisses ne se­ront pas de trop, vu la ga­doue sur la chaus­sée.

Un peu plus loin, Stea­phan, un Ecos­sais en va­cances à Pa­ris, se marre très fran­che­ment : « Au moins, je ne suis pas dé­pay­sé. » Chez le tou­riste fran­çais, on rit net­te­ment moins. Serge, la soixan­taine, ter­mine sa se­maine de va­cances avec son épouse. De­main, re­tour à Beau­lieu-sur­Dor­dogne en Cor­rèze, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas été chan­ceux. « Je ne sais pas comment vous faites pour vivre ici toute l’an­née », com­pa­tit le re­trai­té en re­gar­dant les mines trem­pées au­tour de lui, dont celle de sa femme, Ni­cole. 13 h 51, quelques rayons de so­leil ap­pa­raissent. Qua­si si­mul­ta­né­ment, des ha­bi­tants du quar­tier font sor­tir les en­fants. C’est le cas de Mi­ckaël avec son fils de 7 ans. Di­rec­tion les kayaks pour pro­fi­ter de l’éclair­cie. Pen­dant la pause déj, un groupe de col­lègues s’amuse en li­sant le tweet du jour­na­liste Tho­mas Sot­to, ba­lan­cé à 13 heures : « C’est l’his­toire d’un couillon qui, vou­lant al­ler faire une course en Vé­lib’, dé­cou­vrit la cé­lèbre mousson de Pa­ris. » Mais ailleurs, ce n’était guère mieux. Le terme « mousson » est re­ve­nu dans de nom­breux autres tweets pour par­ler du temps en Mayenne, An­jou, dans le Nord ou au Pays basque.

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