Il a bluf­fé les as du po­ker

Toute la se­maine, nous re­ve­nons sur des prouesses qui ont mar­qué l’an­née. Au­jourd’hui, comment un jeune Bre­ton, sor­ti de nulle part, s’est im­po­sé le 21 juillet à la table des plus grands cham­pions de po­ker.

Le Parisien (Paris) - - AU FIL DE LETE -

en ligne du même nom. An­toine s’af­firme ain­si comme l’un des tout meilleurs joueurs au monde. En 2009, il ar­ri­vait un peu de nulle part, s’était qua­li­fié tout seul sur In­ter­net et avait réa­li­sé une per­for­mance ex­tra­or­di­naire. En la re­nou­ve­lant, il prouve qu’il pos­sède une so­li­di­té, une cons­tance et une ré­gu­la­ri­té que très peu de joueurs de po­ker peuvent af­fi­cher. » d’une table… à rai­son d’une di­zaine d’heures de jeu quo­ti­diennes ! Une vé­ri­table tor­ture men­tale qui exige une concen­tra­tion de tous les ins­tants, au risque de se faire sor­tir en une poi­gnée de se­condes face aux cartes su­pé­rieures d’un ad­ver­saire. « Il pos­sède évi­dem­ment une ex­cel­lente tech­nique, comme tous les joueurs fi­na­listes, mais An­toine fait réel­le­ment la dif­fé­rence avec sa ca­pa­ci­té à res­ter froid, se­rein et lu­cide à tous les mo­ments de jeu, pour­suit Sté­phane Matheu. Il ne se laisse ja­mais dé­mon­ter par l’en­jeu ou la fa­tigue. C’est très im­pres­sion­nant. »

Quelques ins­tants après avoir été éli­mi­né le 21 juillet, sur une main qu’il au­rait pu rem­por­ter à une carte près, le jeune Fran­çais af­fi­chait lo­gi­que­ment sa dé­cep­tion. « C’est vrai que c’est beau de faire deux fois tables fi­nales du Main Event, mais je joue pour ga­gner, pour af­fi­cher ma pho­to à cô­té de tous ceux qui ont dé­jà ga­gné ce tour­noi. » Quelques jours plus tard, la dé­faite di­gé­rée, le « Fren­chie » re­con­naît tout de même avoir réa­li­sé une per­for­mance his­to­rique. « Je me sen­tais bien et j’ai main­te­nu, tout au long du tour­noi, une stra­té­gie de pro­gres­sion li­néaire, ex­pli­quet-il. Ça a plu­tôt bien fonc­tion­né. »

Il y a aus­si l’ar­gent. Car le po­ker est un jeu qui peut rap­por­ter gros… ou faire perdre énor­mé- ment En 2009, An­toine Saout avait em­po­ché 3,5 M$ (2,9 M€). De quoi pour­suivre tran­quille­ment une car­rière faite de tour­nois au­tour du monde et de ga­gner un contrat de spon­so­ring avec l’un des sites phares de l’époque, Eve­rest Po­ker. « Je me suis fait plai­sir en m’of­frant de beaux hô­tels et de confor­tables voyages en avion, mais sans ja­mais flam­ber », tient-il à pré­ci­ser. Cet été, ce sont 2 M$ sup­plé­men­taires (1,7 M€) qui viennent s’ajou­ter à sa ca­gnotte. « Je vais les in­ves­tir pour m’as­su­rer un ave­nir. Dans dix ans, je fe­rai peut-être autre chose que du po­ker. »

So­li­taire, peu ba­vard et un peu à part dans le monde du po­ker fran­çais, An­toine Saout aime « res­ter dans sa bulle » et me­ner sa car­rière en so­li­taire. Sa cin­quième place a tou­te­fois at­ti­ré un spon­sor et le jeune homme in­tègre dé­sor­mais l’équipe pro­fes­sion­nelle française On­pok. Avant de re­prendre les tour­nois — ce­lui de Bar­ce­lone est le pro­chain sur son agen­da —, il s’ac­corde quelques jours de va­cances dans son fief fa­mi­lial près de Mor­laix (Fi­nis­tère). « Ma soeur vient d’avoir un bé­bé », confie-til sim­ple­ment. Sans flam­ber.

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