BRI­GITTE MA­CRON L’ATOUT DU PRÉ­SIDENT

PO­LI­TIQUE Pour re­bon­dir, le chef de l’Etat compte s’ap­puyer sur la po­pu­la­ri­té gran­dis­sante de son épouse. Voi­ci com­ment.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR AVA DJAMSHIDI, PHI­LIPPE MAR­TI­NAT ETVALÉRIEHACOT

COMME un pa­ra­ton­nerre. Alors que la cote de po­pu­la­ri­té d’Em­ma­nuel Ma­cron ne cesse de chu­ter dans les son­dages, le sou­rire de son épouse, Bri­gitte Ma­cron, 64 ans, rayonne sur pa­pier gla­cé. In­con­nue du grand pu­blic il y a trois ans, cette ex-pro­fes­seur de lettres, sept fois grand-mère, jouit d’une po­pu­la­ri­té iné­dite (lire page 3).

Pour ex­pli­quer un tel en­goue­ment, Mi­chèle Mar­chand, la « reine des people », qui l’a prise sous son aile, in­voque « la dif­fé­rence d’âge entre les époux, son phy­sique et sa gen­tillesse ». « C’est la pre­mière fois qu’on a un couple pa­reil à l’Ely­sée ! » re­lève la pa­tronne de l’agence Bes­ti­mage qui gère of­fi­cieu­se­ment son image. « Bri­gitte, c’est la re­vanche des ba­by-boo­meuses, ana­lyse Na­tha­lie Roz­bors­ki, spé­cia­liste des ten­dances. Elle res­semble aux femmes que l’on re­garde avec fier­té. » Mais que l’on n’en­tend pas (en­core). La pre­mière dame de­vrait sor­tir de cette ré­serve à la fin du mois — ou peut-être même avant, chu­chote-t-on dans la presse fé­mi­nine.

De­puis l’élec­tion de son époux, elle n’a pas pro­non­cé un mot pu­bli­que­ment, se conten­tant des ap­pa­ri­tions pro­to­co­laires. « Elle veut res­ter dis­crète », confie Sophie Clu­zel, se­cré­taire d’Etat au Han­di­cap, un su­jet sur le­quel Bri­gitte Ma­cron est très in­ves­tie. Les deux femmes, qui se sont ren­con­trées pen­dant la campagne, se voient toutes les se­maines.

« Elle re­çoit énor­mé­ment de cour­rier sur ce su­jet. C’est à elle que les Fran­çais écrivent, as­sure-t-elle. Elle s’im­plique beau­coup. Mais elle sait que, lors­qu’elle fait un dé­pla­ce­ment, elle risque d’éclip­ser le coeur du su­jet. Pou­ré­vi­ter­ce­la,el­le­le­fait­loin­des­mé­dias. Elle ne cherche pas la lu­mière. »

Elle ai­mante pour­tant les ca­mé­ras quand elle ac­cueille sur le per­ron du palais pré­si­den­tiel Ri­han­na, l’une des chan­teuses les plus po­pu­laires au monde. « Dans l’es­prit des gens, Bri­gitte, c’est Em­ma­nuel, ana­lyse un stra­tège de l’image des per­son­na­li­tés pu­bliques. Ça per­met au pré­sident de ne pas avoir l’air de faire du mar­ke­ting tout en s’af­fi­chant par pro­cu­ra­tion aux cô­tés d’une star in­ter­na­tio­nale. Ça fait du buzz sur les ré­seaux so­ciaux, ça gé­nère un sen­ti­ment de sym­pa­thie. » A l’ins­tar du mou­ve­ment que semble sus­ci­ter cette pre­mière dame aty­pique dont le rôle se­ra dé­taillé d’ici peu par l’Ely­sée.

Le texte of­fi­cia­li­sant son sta­tut ne de­vrait tou­te­fois pas prendre la forme ini­tia­le­ment an­non­cée par le can­di­dat Ma­cron pen­dant la campagne. Dans le contexte de la loi de mo­ra­li­sa­tion de la vie pu­blique vo­tée mer­cre­di, de nom­breuses voix se sont éle­vées pour dé­non­cer la créa­tion d’un sta­tut spé­ci­fique pour l’épouse du pré­sident

(lire ci-contre). L’Ely­sée a fait marche ar­rière, comme pour ne pas gâ­cher l’atout que re­pré­sente ce rouage pré­cieux de la com­mu­ni­ca­tion pré­si­den­tielle. « Elle ne veut pas in­ter­fé­rer dans le champ po­li­tique, pré­vient Mi­chèle Mar­chand. Mais elle en­tend bien te­nir son rôle. » Une fois ce der­nier of­fi­ciel­le­ment dé­fi­ni, elle pour­ra jouer plei­ne­ment sa par­ti­tion.

L’épouse du pré­sident, Bri­gitte Ma­cron, est louée par son en­tou­rage pour sa gen­tillesse et son in­tel­li­gence.

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