«Bri­gitte ma­nia» sur la France

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAR AVA DJAMSHIDI ET VA­LÉ­RIE HACOT

ELLE A RE­MIS le pré­nom Bri­gitte à la mode ! Pour­tant, les Fran­çais connaissent son vi­sage de­puis trois ans seule­ment. Ils ont dé­cou­vert en 2014 la femme du frin­gant mi­nistre de l’Eco­no­mie à la une de « Clo­ser », pre­mier ma­ga­zine à s’être in­té­res­sé à l’his­toire aty­pique de ce couple en marche vers le pou­voir. Elle a au­jourd’hui 64 ans, lui 39. Elle a été sa prof au ly­cée, il l’a épou­sée. Quoi de plus ro­ma­nesque…

Au­jourd’hui, la sil­houette de Bri­gitte Ma­cron s’étale en pre­mière page des ma­ga­zines, les fé­mi­nins la qua­li­fient d’« icône », des groupes de fans fleu­rissent sur les ré­seaux so­ciaux… Une « Bri­gitte ma­nia » semble s’être em­pa­rée de la France.

Un seul exemple ? Fin juin, une marque bran­chée dé­cide de vendre en édi­tion li­mi­tée un tee­shirt sé­ri­gra­phié en l’hon­neur de la nou­velle pre­mière dame. Son pré­nom en lettres rouges ou noires sur du co­ton blanc. Un vê­te­ment ima­gi­né par les de­si­gners sué­dois d’H & M pour le ma­ga­sin pa­ri­sien Week­day. « C’est l’ar­ticle que nous avons le plus ven­du ! s’étonne Ch­loé Douy, une des ven­deuses. Les pre­miers jours, il y avait même des gens qui fai­saient la queue de­vant le ma­ga­sin ! »

À LA FOIS FÉDÉRATRICE ET TRANSGRESSIVE

Du ja­mais-vu dans la bou­tique, même lors d’une opé­ra­tion si­mi­laire dé­diée à la star amé­ri­caine Beyon­cé ! L’évé­ne­ment Bri­gitte, cen­sé du­rer une se­maine, va donc se pour­suivre jus­qu’à la fin du mois d’août ! « On n’au­rait ja­mais ima­gi­né que ça mar­che­rait au­tant, pour­suit la ven­deuse. Il n’en reste ja­mais à la fin de la jour­née. En deux-trois heures, on en vend cin­quante… »

Un « phé­no­mène de fond » plus qu’une mode pas­sa­gère, à en croire Na­tha­lie Roz­bors­ki, di­rec­trice gé­né­rale au bu­reau de style Nel­lyRo­di. D’au­tant plus éton­nant que Bri­gitte Ma­cron res­semble as­sez peu aux tra­di­tion­nelles égé­ries fran­çaises. Et que ses ad­mi­ra­trices ne sont pas des ado­les­centes en­clines à s’en­ti­cher de ve­dettes. « La pre­mière dame in­carne un mo­dèle à suivre, ce­lui de la nou­velle fé­mi­ni­té, chic, mo­derne, ac­tive. Elle est sou­riante, bien dans sa peau et dans son âge. C’est une femme so­laire, dé­crypte la chas­seuse de ten­dances. Elle est fédératrice parce qu’elle est trans­gé­né­ra­tion­nelle. Les plus jeunes se disent : Si on res­semble à Bri­gitte, on veut bien vieillir ! Pour les autres, il y a une forme de re­vanche. Ce n’est pas la jeu­nette en couple avec un vieux. C’est jouis­sif de voir un jeune loup avec une femme mûre. Elle en­voie des si­gnaux ex­trê­me­ment po­si­tifs à toutes les gé­né­ra­tions. » D’au­tant qu’elle ne semble pas souf­frir de la des­ti­née po­li­tique de son époux, contrai­re­ment à tant de com­pagnes de pré­si­dents. « Elle a l’air heu­reuse d’être là où elle est, sans cher­cher la lu­mière », ajoute une Na­tha­lie Roz­bors­ki conquise. « C’est un per­son­nage fas­ci­nant, abonde Lau­rence Pieau, di­rec­trice de la ré­dac­tion de Clo­ser. Au-de­là de l’his­toire d’amour hors normes, elle est très transgressive. Elle chausse des ta­lons de douze cen­ti­mètres, porte des jupes courtes avec grâce. C’est as­su­mé, c’est nou­veau. Et der­rière elle, il y a toutes les femmes du ba­by-boom qui s’y re­trouvent. » Le phé­no­mène Bri­gitte ne fait sans doute que com­men­cer…

Hel­lemmes (Nord), le 14 jan­vier. Bri­gitte Ma­cron se prête au jeu des sel­fies avec des ins­ti­tu­trices dans une école que son époux vi­site.

Une marque a dé­ci­dé de vendre en édi­tion li­mi­tée un tee-shirt sé­ri­gra­phié « Bri­gitte ».

La pre­mière dame fait ré­gu­liè­re­ment la une des ma­ga­zines.

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