La sécurité du site re­mise en cause

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

de sto­ckage nu­cléaire de Bure est des­ti­né à ac­cueillir jus­qu’à 80 000 m3 de dé­chets ra­dio­ac­tifs, par­mi les plus dan­ge­reux pro­duits par les cen­trales fran­çaises. L’ob­jec­tif est de faire de ce site sou­ter­rain une sorte de coffre-fort nu­cléaire, étanche pen­dant des mil­lions d’an­nées. Vingt-trois ans de re­cherches et 1,5 Md€ de dé­penses plus tard, le pro­jet se heurte tou­jours à des ques­tions de sécurité.

Dans un avis ren­du pu­blic le mois der­nier, l’Ins­ti­tut de ra­dio­pro­tec­tion et de sû­re­té nu­cléaire (IRSN) a poin­té « l’in­ca­pa­ci­té de ré­cu­pé­rer les dé­chets en cas d’ac­ci­dent », ré­sume Char­lotte Mi­jeon, du ré­seau Sor­tir du nu­cléaire. Ce qui, au pas­sage, re­met en ques­tion le « sto­ckage ré­ver­sible », dé­ci­dé par la loi de 2006, « comme so­lu­tion de ré­fé­rence ». Deuxième re­vers pour l’Agence na­tio­nale pour la ges­tion des dé­chets ra­dio­ac­tifs (An­dra) qui pi­lote le pro­jet : dé­but août, l’Au­to­ri­té de sû­re­té nu­cléaire (ASN) a, à son tour, pu­blié des ré­serves à pro­pos la sécurité du site. Un rap­port qui, se­lon l’ex­pert in­dé­pen­dant Ber­trand Thuillier, « ques­tionne les choix faits par l’An­dra », no­tam­ment sur le sol ar­gi­leux, « une roche qui per­met de confi­ner les dé­chets, mais friable ». Si Ni­co­las Hu­lot doit se pro­non­cer sur les ques­tions nu­cléaires « dans les pro­chains mois », le mi­nis­tère de la Tran­si­tion éco­lo­gique, que nous avons sol­li­ci­té, es­time d’ores et dé­jà que de nou­velles études vont de­voir être en­tre­prises par l’An­dra. Ce qui pour­rait re­por­ter l’ou­ver­ture du site, pré­vue au plus tôt pour 2022.

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