« Ici, on vit de­hors »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR -

s’échappent d’un pa­ra­sol, ca­ché der­rière une grande Re­nault de­vant une ran­gée de ca­ra­vanes. Il est 13 heures, au Bou­ca­net, cam­ping 4 étoiles du Grau-duRoi, à 8 km de La Grande-Motte. Dans la fa­mille Leroy, c’est l’heure du ro­sé pam­ple­mousse. « C’est vrai­ment parce que ma mère, Chan­tal, est ve­nue nous rendre vi­site, au­tre­ment on at­tend le soir », se jus­ti­fie Isa­belle, 43 ans, car­ré blond, lu­nettes fan­tai­sie sur le nez.

Ac­cou­dé à la table, Eric, un ma­çon de 47 ans, pro­fite des éclats de rire conta­gieux de sa femme. Il l’a ren­con­trée à 18 ans, elle en avait 14. « Je re­fai­sais le conduit de che­mi­née chez ses pa­rents », se sou­vien­til. Le père d’Isa­belle, sur­nom­mé

Pa­pi Pa­trick, pré­fère res­ter as­sis à l’écart mais suit avec at­ten­tion la dis­cus­sion. Et le ré­cit de leur amour du cam­ping.

GRASSE MA­TI­NÉE ET JEUX DE SO­CIÉ­TÉ

Chaque an­née, de­puis six ans, ce couple de Nor­mands ré­serve presque un an à l’avance son em­pla­ce­ment, cô­té mer, loin du bruit de la pis­cine. Au­pa­ra­vant, Eric et Isa­belle al­laient en Bre­tagne. Mais, las­sés du mau­vais temps, ils dé­cident avec leurs en­fants de mettre le cap au sud. Ce se­ra vers Mont­pel­lier. Un col­lègue d’Isa­belle lui parle du « cam­ping très ani­mé » du Grau-du-Roi. C’est par­ti, di­rec­tion le Lan­gue­doc. Onze heures de tra­jet de­puis La Saus­saye, dans l’Eure.

Ici, les plai­sirs sont simples. D’abord la grasse ma­ti­née jus- qu’à 9 h 30, loin des ho­rai­res­rair de bu­reau. Car cet­te­cett mère de fa­mille, contrô­leu­se­con de ges­tion, tra­vaille­trav à Pa­ris, se lève à 5 heu­reshe et passe tous les jours­jour jus­qu’à quatre heures dans lesl em­bou­teillages.

PourP­lal pre­mière fois, les en­fants ne sont pas avec eux. Leur fils de 20 ans ne pou­vait pas : il tra­vaille cet été dans un McDo. Leur fille de 18 ans, elle, a pré­fé­ré par­ti­ra vec­son­co pain en Es­pagne. Mal­gré ce pe­tit pin­ce­ment au­coeur,l abonne hu­meur règne : quelques livres sur la plage, du pois­son ache­té au mar­ché, une bou­teille à l’apé­ri­tif et des jeux de so­cié­té, le soir, les pieds dans le sable : « On ne pour­rait pas être en­fer­més dans un hô­tel. Ici, on vit de­hors et on en­tend la mer, juste là », re­prend Isa­belle.

Le couple paye 1 000€ l’em­pla­ce­ment pour les trois se­maines, aux­quels il faut ajou­ter 500 € de nour­ri­ture et 300 € d’es­sence pour le tra­jet. Mais ici, ils font tout à pied. L’été pro­chain, ils le savent dé­jà, ils ré­ins­tal­le­ront leur ca­ra­vane, au même en­droit.

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